Barrière de péage autoroutier avec plusieurs voies de circulation, des voitures et des panneaux lumineux indiquant les voies ouvertes et les moyens de paiement.
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Hausse des péages 2027 : qui paiera vraiment la nouvelle taxe ?

La hausse des péages 2027 n’est pas encore décidée, mais les automobilistes pourraient bien avoir quelques raisons de s’inquiéter. Le projet de budget prévoit une augmentation spectaculaire d’une taxe pesant sur les concessionnaires autoroutiers, dont le taux passerait de 4,6 % à 12,3 %. L’objectif serait de rapporter 1,4 milliard d’euros supplémentaires à l’État.

Une bonne nouvelle pour les finances publiques, à condition de savoir qui paiera réellement. Car le gouvernement assure que cette fiscalité supplémentaire ne doit pas être répercutée sur les usagers. Une intention rassurante, mais qui se heurte à une petite difficulté : les sociétés autoroutières ne semblent pas particulièrement disposées à accepter cette nouvelle charge sans discuter.

Elles invoquent notamment les mécanismes de compensation prévus dans leurs contrats de concession. Et voilà comment une taxe censée être payée par des entreprises pourrait finalement concerner les automobilistes.

Le principe n’a rien de nouveau. Lorsqu’une entreprise voit ses charges augmenter, elle peut chercher à préserver ses marges en relevant ses prix. Mais dans le cas des autoroutes, les tarifs sont encadrés par des contrats et des règles spécifiques. Les concessionnaires ne peuvent donc pas simplement décider d’augmenter les péages du montant qui leur convient. Tout dépendra des dispositions contractuelles, des éventuels recours et, naturellement, du texte budgétaire finalement adopté.

À ce stade, aucune augmentation supplémentaire des péages au 1er février 2027 n’est confirmée. Mais une question mérite tout de même d’être posée : pourquoi annoncer une taxe supplémentaire en promettant simultanément qu’elle ne coûtera rien à ceux qui utilisent le service ?

Si les concessionnaires absorbent effectivement cette charge, l’État aura réussi son opération. Si une compensation tarifaire leur est accordée, ce seront les automobilistes qui contribueront à la financer. Et si le différend se termine devant les tribunaux, la facture pourrait simplement arriver plus tard. Dans tous les cas, les 1,4 milliard d’euros espérés ne tomberont pas du ciel.

Il existe d’ailleurs un paradoxe assez savoureux dans cette affaire. Les automobilistes paient déjà pour emprunter des infrastructures dont les concessions génèrent régulièrement des débats sur la rentabilité. Et voilà qu’une mesure destinée à prélever davantage sur cette activité pourrait, selon son issue, leur coûter encore un peu plus cher. Bien sûr, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que ce scénario se réalisera. Mais rien ne garantit non plus qu’il sera évité.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir combien l’État prélèvera, mais qui supportera finalement ce prélèvement.

Nota Bene :

Il serait tout de même assez remarquable de créer une taxe sur les concessionnaires autoroutiers pour découvrir ensuite qu’elle est payée, directement ou indirectement, par les automobilistes. En matière de fiscalité, changer le nom de celui qui reçoit la facture ne suffit pas toujours à changer celui qui la règle.

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