Affiche officielle du Mondial de l’Auto de Paris 2024, avec une voiture sportive futuriste sur fond coloré.
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Mondial de Paris 2026 : devient-il un salon chinois ?

Le Mondial de Paris 2026 ouvre ses portes le 12 octobre avec une particularité qui aurait semblé improbable il y a seulement quelques années : une vingtaine de marques chinoises sont annoncées parmi les exposants. Environ deux fois plus qu’en 2024. À ce rythme, faudra-t-il bientôt apprendre le mandarin pour visiter le plus célèbre salon automobile français ? La plaisanterie cache pourtant une évolution assez spectaculaire.

Pendant des décennies, les salons automobiles européens ont été les vitrines privilégiées de Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Mercedes ou BMW. Les constructeurs y présentaient leurs nouveautés, parfois leurs rêves les plus extravagants, devant des visiteurs venus admirer ce que l’industrie européenne savait produire. Puis les salons ont commencé à perdre de leur superbe.
Coûts d’exposition considérables, présentations organisées directement sur Internet, constructeurs préférant leurs propres événements : les absences se sont multipliées. Certains grands rendez-vous ont même disparu, tandis que d’autres cherchaient désespérément une nouvelle formule.

Et voilà que les constructeurs chinois arrivent en nombre. BYD, MG, Xpeng et bien d’autres ont compris quelque chose que leurs concurrents européens semblaient parfois avoir oublié : pour vendre des voitures à des automobilistes qui ne connaissent pas encore votre marque, rien ne remplace totalement la possibilité de les voir, de les toucher et de s’installer à leur volant.

Un salon automobile constitue précisément cette occasion. Il permet également de montrer que ces nouveaux venus ne sont plus de simples fabricants de voitures bon marché. Leurs modèles électriques, hybrides ou thermiques affichent désormais des ambitions technologiques, commerciales et parfois tarifaires qui les placent directement face aux références européennes.

Le paradoxe devient alors assez savoureux. L’Europe cherche à protéger son industrie automobile face à la concurrence chinoise, notamment à travers des droits de douane supplémentaires sur certaines voitures électriques produites en Chine. Mais, dans le même temps, les marques chinoises contribuent à redonner de l’animation à l’un de ses rendez-vous automobiles les plus emblématiques.

Ceux que l’industrie européenne considère comme des concurrents redoutables participent désormais au spectacle dont elle était autrefois la vedette incontestée. Faut-il pour autant considérer que le Mondial est devenu chinois ? Certainement pas.

Le retour en force de Stellantis, avec huit marques annoncées, rappelle que les constructeurs européens n’ont pas abandonné la partie. Renault et d’autres acteurs historiques ont également de solides raisons de défendre leur place sur leur propre marché. Mais le rapport de force a changé.

Autrefois, les constructeurs asiatiques venaient dans les salons européens pour tenter de se faire une place parmi les grandes marques occidentales. Aujourd’hui, certains arrivent avec des moyens considérables, des gammes complètes et l’ambition affichée de conquérir rapidement des parts de marché. Et ils n’ont manifestement aucune intention de rester dans un coin du hall.

Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir si le Mondial de Paris devient chinois, mais pourquoi il a fallu que les constructeurs chinois prennent autant de place pour rappeler à toute l’industrie automobile l’intérêt d’un grand salon. Car il y a une certaine ironie à voir les marques européennes redécouvrir les vertus de ces rendez-vous au moment où leurs concurrents viennent y installer leurs stands.

Nota Bene :

Le Mondial de Paris reste un salon français, organisé au cœur de l’Europe. Mais en 2026, il rappelle une évidence : accueillir la concurrence mondiale est une chose, lui laisser progressivement le premier rôle en est une autre. Et cette fois, le public pourra juger sur pièces.

À lire aussi : Conduite autonome : faut-il croire les constructeurs sur parole ?

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