Funerailles du Pape François, le bal des hypocrites

Le bal des hypocrites : quand les grands de ce monde font semblant

Aujourd’hui, dans une mise en scène que même les plus grands dramaturges n’auraient osé imaginer, les funérailles du pape réunissent les puissants de ce monde. Présidents, rois, chefs d’État défilent en tenues impeccables, arborant des mines graves et des regards pénétrés. Ils sont venus, paraît-il, rendre hommage à un homme qui toute sa vie a défendu les pauvres, les migrants, les exclus. Un homme qui leur rappelait, parfois douloureusement, que leur rôle n’était pas seulement de gouverner, mais aussi de protéger.

Et pourtant, quel paradoxe ! Voici des dirigeants qui, dans leur action quotidienne, tournent le dos à tout ce que ce pape a incarné. Ils ferment leurs frontières, coupent les aides, alimentent la peur de l’autre. Ils discourent sur les valeurs chrétiennes, mais bafouent la première d’entre elles : celle de l’accueil de l’étranger. Alors que cet homme appelait à tendre la main, eux érigent des murs.

Il y a dans cette cérémonie un parfum amer d’hypocrisie collective. Le ballet des limousines, les flashes crépitant sur les visages compassés, les poignées de main soigneusement orchestrées… Tout est là, sauf l’essentiel : la sincérité. Aujourd’hui, ils applaudissent celui qu’ils n’ont pas écouté de son vivant. Ils encensent celui dont ils ont piétiné les messages.

On pourrait sourire, si ce n’était pas si tragique. Mais comment ne pas voir l’ironie cruelle d’une époque où ceux qui divisent viennent pleurer celui qui appelait à l’unité ? Où ceux qui refusent l’asile viennent fleurir la tombe de celui qui prônait l’accueil inconditionnel ?

En vérité, c’est un bal des hypocrites. Une danse macabre où chacun espère redorer son blason à moindre frais, sous l’œil des caméras. Un bal où l’on feint le recueillement pour mieux oublier, demain, les enseignements dérangeants du disparu.

Rendons-lui justice, au moins ici : rappelons que le courage n’est pas de se montrer au premier rang d’une messe télévisée, mais de tendre la main à ceux qui tombent. Que l’honneur n’est pas de poser une gerbe, mais de protéger les sans-voix. Et que la vraie fidélité aux grands hommes passe par les actes, pas par les apparats.

À lire aussi : Notre hommage au pape François

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