Sébastien Loeb vs FIA, les décisions qui mettent tout le monde en colère
Il y a des duels qui traversent les années sans vraiment se régler, et le face-à-face entre Sébastien Loeb et la FIA commence doucement à ressembler à l’un d’eux. Rien de théâtral, pas de cris, pas de conférence de presse enflammée, juste une succession de décisions étranges qui finissent par dessiner un malaise. Depuis le Dakar 2025, l’expression “Sébastien Loeb vs FIA” n’est plus un titre accrocheur, c’est presque un résumé de saison.
Tout commence en janvier 2025. Loeb, engagé avec Dacia, sort violemment lors de la troisième étape. La voiture souffre, lui aussi, mais il veut repartir. La FIA refuse. Aux yeux des commissaires, l’état du véhicule rend le retour en piste trop risqué. Soit. Sauf que Loeb, réputé pour son sérieux et son honnêteté sportive, dit lui-même avoir “du mal à concevoir” cette décision. On n’était pas dans un caprice. Le pilote voulait simplement finir ce qu’il avait commencé. Et on lui ferme la porte, ça sonne bizarre.
Mais ce qui surprend, c’est que l’histoire se répète un mois plus tard. Février 2025, Abu Dhabi Desert Challenge. Nouveau tonneau. Loeb veut repartir pour la dernière étape. Et là encore, la FIA dit non. Deux interdictions consécutives, en quelques semaines, pour un pilote que personne ne soupçonne d’être inconscient. On peut comprendre la prudence, bien sûr, mais à ce stade, difficile de ne pas lever un sourcil. Est-ce du zèle ? De la rigidité administrative ? Une interprétation trop stricte du règlement ? Ou un fonctionnement qui ne sait tout simplement plus faire la part des choses ?
Et pendant ce temps, que se passe-t-il du côté du sommet de l’institution ? En décembre 2025, la FIA élira son président pour un nouveau mandat. Enfin… “élire”, c’est un grand mot. Le système est tellement verrouillé qu’il est devenu presque impossible de présenter une liste alternative. Carlos Sainz ? Renonce, faute de soutien. Tim Mayer ? Renonce, faute de pouvoir. Le règlement exige une liste complète avec présidence du Sénat, vice-présidences régionales, personnalités qualifiées, et interdit qu’une même personne figure sur deux listes différentes. Résultat : avec une seule personne “jugée qualifiée” pour la vice-présidence Amérique du Sud, Fabiana Ecclestone, et celle-ci étant sur la liste de Mohammed Ben Sulayem, toute candidature concurrente devient mathématiquement impossible.
Bref, Ben Sulayem sera réélu sans opposition, confortablement. Un fauteuil, un couloir, un boulevard.
Alors forcément, quand on observe tout ça, difficile de ne pas se demander, sans animosité, mais avec bon sens : est-ce que ces décisions envers Loeb participent simplement d’une politique de sécurité stricte, ou témoignent-elles d’une FIA devenue si rigide, si verrouillée, qu’elle en perd parfois la nuance ?
Et surtout, comment les choses se passeront-elles lors du prochain Dakar pour un pilote qui, en 2025, n’a pas eu une seule fois le droit de repartir ?
La saison 2026 donnera peut-être la réponse.
Nota Bene
Il est fascinant de constater à quel point quelques décisions administratives peuvent peser plus lourd que des années d’expérience au volant. Le sport auto nous rappelle parfois que la mécanique n’est pas toujours sous le capot. Et c’est peut-être ça, le plus déroutant.
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