Le retour du défilé militaire à Washington… sponsorisé par Amazon
C’était peut-être son plus beau souvenir de France : le 14 juillet 2017, Donald Trump, alors président en exercice, assiste au défilé militaire parisien aux côtés d’Emmanuel Macron. Cinq ans plus tard, le voilà qui remet ça… chez lui, à Washington. Ce 14 juin 2025, les chars reviennent défiler sur le sol américain pour la première fois depuis 1991. Et non, ce n’est pas une coïncidence si c’est aussi le jour de son anniversaire.
Officiellement, il s’agit de célébrer les 250 ans de l’armée américaine. Officieusement ? Un petit cadeau d’anniversaire à 45 millions de dollars pour Donald. Ce qu’on appelle une bougie bien allumée.
Mais le plus savoureux, c’est sans doute la liste des sponsors. Car oui, ce défilé est en partie financé par des géants du numérique et de la défense : Amazon, Oracle, Coinbase, Lockheed Martin, Palantir… Une brochette explosive où l’on retrouve ceux qui, d’habitude, investissent dans le cloud, la blockchain ou l’intelligence artificielle. Là, ils investissent dans les tanks, les missiles, les les survols aériens et les rubans rouges. Il ne manque plus qu’un drone livrant un gâteau géant siglé “Make Army Great Again”.
Ce mélange des genres a de quoi troubler. Où s’arrête le patriotisme ? Où commence le placement produit ? Et surtout, que penser d’un défilé militaire sponsorisé à hauteur de millions par des entreprises cotées en bourse ? On n’est plus très loin de l’idée d’un “Super Bowl de l’armée”, avec ses partenaires officiels, son logo, et peut-être bientôt son halftime show.
Certains y voient déjà un air de “dictature chic”, avec des blindés bien rangés, des foules enthousiastes, des discours musclés et un président tout sourire. Mais attention : ici, pas de propagande façon Corée du Nord. Ici, on parle d’entertainment militaire, made in USA. Le son est Dolby, l’image est 4K, et les sponsors sont discrets… enfin presque.
Derrière tout ça, un vrai sujet : l’image de l’armée dans une démocratie. Est-elle un outil de sécurité ou un levier politique ? Doit-elle s’exhiber comme une startup ou incarner une forme de retenue ? En un mot : faut-il vraiment défiler pour exister ?
Nota Bene :
Un char qui défile à Paris, c’est solennel. À Washington, c’est une pub déguisée. Mais quand c’est sponsorisé par Amazon, ça devient une livraison express de puissance.
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