Nuage de mots illustrant la réglementation française avec les termes règles, directives, arrêtés et obligations administratives.
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Réglementation française, quand chaque problème appelle une nouvelle interdiction

Il suffit d’observer l’actualité quelques semaines pour remarquer un phénomène assez particulier. En France, lorsqu’un problème apparaît, la solution semble souvent toute trouvée. Une nouvelle règle. Une nouvelle obligation. Ou, mieux encore, une nouvelle interdiction.

Un comportement gêne ? On réglemente. Une situation pose problème ? On ajoute une norme. Une difficulté apparaît ? On crée un formulaire. À force, cela donne parfois l’impression que le pays fonctionne comme un immense logiciel auquel on ajoute sans cesse des couches supplémentaires sans jamais supprimer les anciennes.

Les exemples ne manquent pas. Les limitations de vitesse changent selon les communes, les routes et parfois les périodes. Les Zones à Faibles Émissions s’ajoutent aux règles de circulation déjà existantes. Les démarches administratives censées être simplifiées finissent souvent par nécessiter plusieurs comptes, plusieurs identifiants et plusieurs validations successives.

Même les objets du quotidien semblent touchés par cette logique. Les bouchons attachés aux bouteilles sont devenus un symbole presque involontaire de cette époque. Derrière une mesure qui peut avoir sa logique environnementale, beaucoup de citoyens ont surtout vu une nouvelle contrainte s’ajouter à une longue liste de petites contraintes.
Le plus intéressant n’est pas la règle elle-même. C’est le réflexe qu’elle révèle. Car dans beaucoup de pays, la première question pourrait être : pourquoi ce problème existe-t-il ? En France, la tentation semble parfois être : quelle nouvelle règle pourrait empêcher ce problème ? La nuance paraît faible, mais elle change tout.

Résoudre un problème demande souvent du temps, de l’investissement et parfois une remise en question plus profonde. Créer une règle est généralement plus rapide. Une fois publiée au Journal officiel, le problème paraît traité, au moins sur le papier.

Le paradoxe est que cette accumulation finit parfois par produire l’effet inverse de celui recherché. Plus les règles deviennent nombreuses, plus elles deviennent difficiles à comprendre, à appliquer et parfois même à faire respecter. Qui peut honnêtement prétendre connaître l’ensemble des réglementations qui encadrent désormais la vie quotidienne ?

Et pourtant, chaque année, de nouvelles viennent s’ajouter aux précédentes.

Au fond, la question n’est pas de savoir s’il faut ou non des règles. Une société moderne ne peut évidemment pas fonctionner sans elles. La vraie question est peut-être de savoir à partir de quel moment une réglementation supplémentaire cesse de résoudre un problème pour devenir elle-même une partie du problème.

Car lorsqu’un pays commence à répondre à presque tout par une nouvelle interdiction, il finit parfois par oublier qu’il existe d’autres solutions.

Nota Bene :

Beaucoup de règles ont été créées avec de bonnes intentions. Mais vues dans leur ensemble, elles donnent parfois le sentiment d’une société qui ajoute continuellement des couches de réglementation sans jamais prendre le temps d’en retirer quelques-unes.

À lire aussi : Voitures plus larges, quand les citadines prennent la place des berlines d’hier

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