Voitures de Gainsbourg : le chanteur sans permis fasciné par les autos
À Paris dans les années 1960 et 1970, Serge Gainsbourg construit l’un des personnages les plus fascinants de la culture française. Provocateur, élégant, excessif, le chanteur nourrit aussi une véritable passion pour les automobiles. Pourtant, détail presque incroyable, Gainsbourg ne possède pas le permis de conduire. Cela ne l’empêche pas de collectionner les voitures de prestige, surtout anglaises, et d’en faire des symboles de son univers artistique.
Crédit photo:© INA / Serge Gainsbourg – extrait vidéo Melody Nelson
Voitures de Gainsbourg, une passion automobile sans permis
Serge Gainsbourg adorait les Rolls-Royce, Mustang et Triumph, mais sans permis il ne pouvait réellement conduire ces voitures que dans les films. Cette contradiction résume parfaitement son rapport très particulier à l’automobile.
Chez Gainsbourg, la voiture n’est pas seulement un moyen de transport. Elle devient un élément de décor, un prolongement de sa personnalité publique. Il aime les grandes anglaises luxueuses, les modèles rares et les véhicules capables d’imposer une présence dans les rues parisiennes.
Le chanteur préfère souvent être conduit. Après ses longues nuits dans les établissements parisiens comme l’Élysée Matignon, il lui arrive même de se faire raccompagner par la police jusque chez lui.
Cette relation presque théâtrale à l’automobile correspond parfaitement à l’image qu’il cultive à l’époque.
Crédit photo: Illustration Rolls Royce Silver Ghost
Rolls-Royce, l’automobile idéale pour l’univers Gainsbourg
Parmi les voitures de Gainsbourg, les Rolls-Royce occupent une place centrale. Silver Shadow, Silver Ghost et autres grandes berlines britanniques correspondent exactement à son univers mêlant luxe, décadence et élégance anglaise.
Dans les rues de Paris, ces automobiles imposantes renforcent son image de dandy provocateur. Peu d’artistes français roulent alors dans ce type de voitures, encore très rares en France.
Les Rolls apparaissent aussi dans son œuvre musicale. Dans Histoire de Melody Nelson, Gainsbourg évoque directement cet imaginaire automobile britannique raffiné et aristocratique.
La Rolls-Royce devient presque un personnage secondaire de son univers artistique, au même titre que la fumée des Gitanes ou les murs noirs de la rue de Verneuil.
Crédit photo:© Philips Records / Serge Gainsbourg – extrait du clip Mustang
Mustang et Harley-Davidson, l’Amérique version Gainsbourg
Les véhicules occupent une place étonnamment importante dans les chansons de Gainsbourg.
La Ford Mustang devient le sujet du titre Mustang, tandis que Harley-Davidson marque l’une de ses collaborations les plus célèbres avec Brigitte Bardot. Chez lui, voitures et motos symbolisent la liberté, la vitesse et une certaine fascination pour l’Amérique des années 1960.
Mais Gainsbourg ne s’intéresse pas aux véhicules comme un collectionneur obsessionnel. Ce qui le fascine, c’est davantage leur image, leur pouvoir évocateur et leur capacité à nourrir son personnage.
Une Mustang ou une Harley ne sont jamais de simples machines dans son univers. Elles deviennent des objets culturels presque sensuels.
Crédit photo: illustration Triumph GT6
Jane Birkin, Triumph GT6 et élégance britannique
L’image de Gainsbourg passager de Jane Birkin au volant d’une Triumph GT6 résume parfaitement l’esthétique du couple dans les années 1970.
Cette Angleterre chic, légèrement bohème et très automobile correspond parfaitement à leur image publique. La Triumph GT6, avec sa ligne élégante et sportive, s’intègre naturellement dans cet univers.
Même sans conduire, Gainsbourg construit autour de lui une véritable mise en scène automobile. Les voitures participent à son personnage autant que ses costumes ou ses chansons.
Peut-être est-ce justement parce qu’il ne conduit pas qu’il idéalise autant l’automobile.
Crédit photo: © Films Parc / Marianne Productions – extrait du film Slogan
Excalibur et cinéma, les voitures comme accessoires de scène
Dans le film Slogan sorti en 1969, Gainsbourg apparaît au volant d’une spectaculaire Excalibur 35X. Cette voiture néo-rétro extravagante correspond parfaitement à son goût pour les objets voyants et décalés.
Le cinéma lui permet alors de vivre une relation différente avec l’automobile. À l’écran, il peut enfin conduire les voitures qui le fascinent dans la vie réelle.
L’Excalibur possède justement ce mélange d’élégance théâtrale et d’excès qui colle parfaitement au personnage Gainsbourg.
Comme souvent chez lui, la voiture dépasse largement son rôle mécanique. Elle devient un véritable accessoire de mise en scène.
Conclusion
Les voitures de Gainsbourg racontent finalement beaucoup plus qu’une simple passion automobile. Rolls-Royce, Mustang, Triumph ou Excalibur participent à la construction d’un personnage devenu mythique dans la culture française.
Sans permis, Gainsbourg développe pourtant une fascination profonde pour les automobiles de caractère, surtout anglaises et américaines. Chez lui, la voiture n’est jamais simplement utilitaire. Elle devient un symbole de style, de provocation et de liberté fantasmée.
Nota Bene
Serge Gainsbourg ne conduisait presque jamais, mais peu d’artistes français ont autant associé leur image à l’automobile.
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