OSCA MT4, voiture de course emblématique des frères Maserati
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Histoire d’OSCA : les frères Maserati après Maserati

En 1947, Bindo, Ettore et Ernesto Maserati quittent définitivement l’entreprise qui porte leur nom. Dix ans plus tôt, ils l’avaient cédée à la famille Orsi en acceptant contractuellement de ne pas redevenir constructeurs pendant cette période. Leur engagement terminé, les trois frères pourraient se retirer. Ils choisissent exactement l’inverse.
Ils retournent près de Bologne et fondent OSCA, une petite entreprise destinée à construire des voitures de compétition légères. L’histoire d’OSCA commence presque comme celle de Maserati, dans des ateliers modestes et avec la course comme obsession. Sept ans plus tard, leur petite MT4 de 1,5 litre remportera les 12 Heures de Sebring devant certaines des machines les plus puissantes de son époque.

Crédit photo: Illustration usine OSCA

Usine OSCA des frères Maserati à Bologne avec une voiture de compétition

Histoire d’OSCA : quand les frères Maserati recommencent à zéro

OSCA signifie Officine Specializzate Costruzione Automobili. L’entreprise est installée à San Lazzaro di Savena, près de Bologne. Ernesto dirige la partie technique, tandis que Bindo et Ettore participent à l’organisation et au développement de cette nouvelle aventure.

OSCA est fondée en 1947 par Bindo, Ettore et Ernesto Maserati après la fin de leur engagement avec Maserati. Libérés de leur interdiction contractuelle de redevenir constructeurs, ils choisissent pourtant de repartir sous un nouveau nom.

Le projet n’est pas de recréer Maserati. Les moyens sont beaucoup plus réduits et les frères se concentrent sur ce qu’ils maîtrisent le mieux : des voitures de course compactes, légères et techniquement sophistiquées.

Cette philosophie va rapidement donner naissance à une machine qui résume presque à elle seule l’esprit OSCA.

Crédit photo: Illustration OSCA MT4

OSCA MT4 : la petite voiture qui installe immédiatement la marque

La MT4 apparaît en 1948. Son nom signifie Maserati Tipo 4, rappel discret de ses créateurs et de son moteur quatre cylindres. Les premières versions utilisent un bloc de 1 092 cm³, installé dans un châssis tubulaire très léger.
La puissance paraît modeste, mais les frères Maserati ne cherchent pas à battre leurs adversaires dans une course aux chevaux. Faible poids, agilité et rendement mécanique doivent permettre à leurs voitures de rivaliser avec des machines plus puissantes.

La cylindrée progresse ensuite vers 1,3 puis 1,5 litre, tandis que la distribution double arbre et les évolutions de l’allumage augmentent les performances. Les MT4 prennent principalement la forme de petites barquettes, même si quelques berlinettes sont également réalisées.
Les résultats arrivent rapidement. Dès 1948, Luigi Villoresi s’impose à Naples. OSCA se fait ensuite remarquer aux Mille Miglia, au Mans et dans de nombreuses épreuves de catégorie. Mais c’est aux États-Unis que la petite marque va signer son exploit le plus retentissant.

OSCA MT4, voiture de course emblématique des frères Maserati

Sebring 1954 : quand OSCA bat les géants

Le 7 mars 1954, une OSCA MT4 est engagée aux 12 Heures de Sebring par l’équipe de Briggs Cunningham. Au volant, Stirling Moss partage la voiture avec l’Américain Bill Lloyd.
La MT4 de Moss et Lloyd ne dispose que d’environ 1,5 litre de cylindrée. Pourtant, elle remporte les 12 Heures de Sebring 1954 au classement général face à des voitures beaucoup plus puissantes.

Le plateau donne la mesure de l’exploit. Lancia engage notamment ses D24, tandis que Ferrari et Jaguar disposent de machines de cylindrées très supérieures. L’OSCA mise sur sa légèreté, sa sobriété et sa régularité. Après douze heures, c’est elle qui devance tout le monde.
Cette victoire ne constitue pas un éclair isolé. Les voitures de Bologne accumulent les succès de classe en Europe comme aux États-Unis et deviennent particulièrement recherchées par les pilotes privés. OSCA se forge ainsi une réputation étonnamment importante au regard de la taille minuscule de l’entreprise.
Les frères Maserati ont démontré une deuxième fois qu’ils savent construire des voitures capables de gagner. Leur compétence intéresse désormais bien au-delà des circuits.

Crédit photo: Illustration Fiat 1500 OSCA Cabriolet

Fiat 1500 S Cabriolet équipée du moteur développé par OSCA

De la course à la route : Fiat s’intéresse aux moteurs OSCA

À la fin des années 1950, Fiat cherche une mécanique plus ambitieuse pour ses sportives. Le constructeur turinois se tourne vers OSCA, dont le savoir-faire sur les petits moteurs performants correspond parfaitement au projet.

Le quatre cylindres reçoit une culasse à deux arbres à cames en tête. Dans sa version de 1 491 cm³, il équipe à partir de 1959 la Fiat 1500 S Coupé et Cabriolet, habillée par Pininfarina. La cylindrée passe ensuite à 1 568 cm³ pour la Fiat 1600 S.

Pour OSCA, le changement d’échelle est considérable. Les moteurs conçus par cette entreprise artisanale se retrouvent dans plusieurs milliers de Fiat. La collaboration apporte des ressources financières et fait connaître le savoir-faire des frères Maserati auprès d’une clientèle qui ne fréquente pas nécessairement les paddocks.

Mais elle entraîne aussi OSCA vers un territoire que ses fondateurs avaient jusque-là largement délaissé : la véritable voiture de route.

Crédit photo: Illustration OSCA 1600 GT

OSCA 1600 GT, sportive routière créée par les frères Maserati

OSCA 1600 GT : Zagato et l’ambition d’une véritable sportive routière

Présentée en 1960, l’OSCA 1600 GT transpose l’expérience de la compétition dans une petite GT utilisable sur route. Elle repose sur un châssis tubulaire et reçoit le quatre cylindres double arbre de 1 568 cm³ dérivé du moteur développé avec Fiat.
Plusieurs carrossiers interviennent, notamment Fissore, Touring et surtout Zagato. Les versions réalisées par ce dernier, très légères et reconnaissables à leur silhouette compacte, deviennent les plus emblématiques. Certaines déclinaisons destinées à la compétition dépassent largement les 100 ch pour un poids particulièrement contenu.

La 1600 GT reste pourtant extrêmement rare. OSCA ne possède ni les capacités industrielles ni le réseau commercial permettant de devenir un véritable constructeur de série. La production demeure artisanale et les difficultés financières persistent malgré le prestige accumulé en compétition.

La voiture restera néanmoins comme la dernière véritable automobile de production développée par les frères Maserati.

Crédit photo: Illustration moteur OSCA

MV Agusta et la disparition d’OSCA

En 1963, seize ans après avoir fondé OSCA, Bindo, Ettore et Ernesto vendent une nouvelle fois leur entreprise. L’acquéreur est le comte Domenico Agusta, propriétaire de MV Agusta et industriel également actif dans l’aéronautique.
Le parallèle avec Maserati est saisissant. En 1937, les frères avaient vendu leur première entreprise après l’avoir imposée en compétition. En 1963, l’histoire se répète avec OSCA. Ils continuent quelque temps à travailler pour Agusta, mais leur implication diminue progressivement.

La production automobile s’éteint et OSCA cesse finalement ses activités en 1967. La marque n’aura donc vécu qu’une vingtaine d’années.

Sa brièveté ne doit pourtant pas masquer son importance. OSCA a remporté des courses internationales, construit ses propres moteurs, collaboré avec Fiat et produit une véritable GT. Surtout, elle constitue pratiquement une seconde carrière complète pour trois hommes qui avaient déjà participé à la création de l’une des marques les plus célèbres d’Italie.

Moteur quatre cylindres double arbre OSCA développé par les frères Maserati

Conclusion

L’histoire d’OSCA aurait facilement pu rester une simple note de bas de page dans celle de Maserati. Elle raconte en réalité quelque chose de beaucoup plus intéressant. Après avoir vendu la marque qu’ils avaient créée, Bindo, Ettore et Ernesto ont attendu la fin de leur engagement contractuel puis sont revenus exactement là où leur aventure avait commencé : dans un petit atelier de la région de Bologne, autour de voitures légères et de moteurs de compétition.
La victoire de Sebring en 1954 apporte peut-être la meilleure réponse à ceux qui auraient pu penser que leur réussite appartenait désormais au passé. Privés du Trident, les frères Maserati étaient encore capables de battre les plus grands.

Nota Bene :

OSCA signifie Officine Specializzate Costruzione Automobili, mais la première MT4 conservait discrètement un lien avec l’histoire familiale : son appellation signifiait Maserati Tipo 4. Même sous un nouveau nom, les frères n’avaient donc pas complètement effacé leurs origines.

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