Histoire de Maserati : du garage familial au trident mythique
Quand on évoque Maserati, on pense immédiatement à ce trident fièrement dressé sur les calandres, aux moteurs qui chantent l’opéra mécanique, ou à ces silhouettes racées qui semblent flotter sur l’asphalte. Mais derrière l’aura prestigieuse de la marque italienne, il y a une histoire fascinante, parfois chaotique, souvent méconnue. L’histoire de Maserati, c’est celle d’une famille de passionnés, d’un symbole devenu culte, et d’un constructeur qui a su renaître à plusieurs reprises de ses cendres.
Crédit photo: wikipedia Ettore, Bindo, Ernesto et Alfieri II devant leur première concession à Bologne 1931.

Les frères Maserati : une fratrie visionnaire
Tout commence à la fin du XIXe siècle, à Bologne. Rodolfo Maserati, chef de gare, passionne ses enfants pour la mécanique. Il en aura sept, dont cinq se lanceront dans l’aventure automobile. Alfieri, Ernesto, Ettore, Bindo et Carlo forment une équipe soudée, complémentaire, qui va donner naissance à un petit atelier en 1914. Objectif : concevoir des voitures de course, avec le souci du détail et une obsession du moteur.
Ce n’est pas un constructeur comme les autres qui naît, mais un laboratoire roulant, où chaque pièce est testée comme si la pole position en dépendait. C’est aussi, à l’époque, une aventure humaine. Pas de marketing, pas de storytelling : seulement l’huile, l’audace et la sueur. Maserati fait partie de ces voitures anciennes qui ont traversé les époques avec une élégance rare, au point de devenir des voitures de collection recherchées.
Comprendre l’histoire de Maserati, c’est plonger dans une saga mécanique où l’émotion et la performance se sont toujours mêlées.
Crédit photo: wikipedia Maserati tipo 26
Histoire de Maserati : de la naissance à la légende
En 1926, la Maserati Tipo 26 voit le jour. Première vraie voiture de course de la marque, elle arbore déjà ce logo désormais célèbre : un trident inspiré de la statue de Neptune à Bologne. Le symbole est fort, puissant, presque mythologique. C’est le frère Mario, artiste de formation, qui le dessine.
Rapidement, Maserati se taille une réputation sur les circuits européens. Dans une époque où la vitesse se confondait avec le courage, leurs voitures étaient à la fois techniques et téméraires. Alfieri, pilote lui-même, remporte plusieurs courses et inscrit le nom de la marque dans les paddocks les plus prestigieux dont la célèbre Targa Florio en catégorie 1500.

Maserati sous l’ère Orsi : expansion et course à la gloire
En 1937, les frères vendent Maserati à Adolfo Orsi, industriel de Modène. La marque quitte alors Bologne pour s’installer dans la cité des moteurs, aux côtés de Ferrari et d’autres noms prestigieux. Une nouvelle ère commence. Le département course prend de l’ampleur, et les Maserati se frottent aux meilleurs.
L’apogée survient dans les années 1950, avec la 250F, conduite par Fangio. La voiture est une légende roulante, et elle offre à Maserati l’un de ses plus beaux faits d’armes : le championnat du monde de Formule 1 en 1957. La 250F n’était pas juste rapide, elle dansait là où les autres fonçaient — et c’est elle qui a mené la danse.
Mais cette gloire a un prix. Les dépenses liées à la course deviennent intenables, et Maserati se retire officiellement des circuits en 1957, pour se concentrer sur la production routière.
Crédit photo: lartdelautomobile Citroën SM Maserati
Des victoires en F1 au rachat par Citroën
La décennie suivante marque un tournant. La marque cherche à élargir son public, sans renier son ADN sportif. Des modèles comme la Ghibli ou la Mexico apparaissent, mariant puissance et élégance. En 1968, Citroën rachète Maserati, dans l’idée de doter ses véhicules de moteurs plus nobles.
Le fruit de cette union ? La Citroën SM, un coupé avant-gardiste propulsé par un V6 Maserati. Mais l’idylle ne dure pas : la crise pétrolière de 1973, l’effondrement des ventes et les difficultés de Citroën poussent à la séparation. Maserati est alors au bord du gouffre.
Crédit photo:sunning Maserati 3200 GT
Une décennie turbulente et le renouveau Biturbo
Les années 1970–80 sont une période mouvementée. De Tomaso, ancien pilote et industriel, reprend Maserati. Son objectif : relancer la marque avec des modèles plus accessibles. En 1981, il dévoile la Biturbo, une berline compacte dotée d’un moteur V6 à double turbo. C’est une révolution. La voiture se vend bien, surtout en Italie, mais la fiabilité laisse à désirer. Les modèles vieillissent mal, l’image de la marque se brouille. Pourtant, ce pari osé permet à Maserati de survivre, comme un funambule sur un fil trop mince.
Fiat, Ferrari et la modernisation de la marque
Dans les années 1990, Fiat entre au capital, puis confie un temps Maserati à Ferrari. Une période de modernisation et de montée en gamme s’amorce. Nouvelles usines, nouveaux modèles, nouvelles ambitions. La Maserati 3200 GT, puis la Quattroporte V évoluent vers le luxe affirmé.
En parallèle, la marque renoue doucement avec la compétition, en GT notamment. La MC12, proche cousine de la Ferrari Enzo, devient un monstre sacré, victorieux en FIA GT. On sent que le cœur de Maserati bat encore pour les circuits, malgré les costards-cravates du conseil d’administration.
Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Maserati 3200GT
Crédit photo: Maserati Modèle Granturismo Folgore
Maserati aujourd’hui : luxe, électrification et héritage
Depuis 2020, Maserati écrit un nouveau chapitre. Le constructeur se lance dans l’électrification avec la Grecale Folgore ou la GranTurismo Folgore électriques, tout en continuant à faire vivre son héritage. Design léché, sons artificiels soignés, puissance toujours au rendez-vous. Aujourd’hui encore, Maserati conserve cette aura unique mêlant luxe, sportivité et tradition italienne, un mélange qui a façonné son histoire depuis plus d’un siècle.
L’objectif ? Concilier modernité technologique et esprit artisanal. Pas simple, dans un monde où Tesla fait la loi et où les moteurs thermiques sont sur la sellette. Mais Maserati avance, fidèle à son trident, comme un gladiateur sous tension dans une arène électrique. Et même si la marque se réinvente avec l’électrique, une chose ne change pas : la passion que Maserati transmet aux amateurs de voitures anciennes comme aux nouveaux venus.
Conclusion
L’histoire de Maserati est tout sauf linéaire. Marque familiale devenue icône de la course, puis propriété de groupes successifs, elle a souvent frôlé la disparition. Mais chaque fois, elle est revenue. Mieux encore : elle a su se réinventer. C’est peut-être ça, le vrai luxe aujourd’hui — survivre avec style.
Nota Bene
Maserati, c’est un peu comme une diva italienne : parfois capricieuse, souvent brillante, mais toujours inoubliable. Et même dans l’ère électrique, son trident continue de faire des étincelles.
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