Pourquoi ils parlent compliqué ?
Dans tous les métiers, il y a une langue étrangère. Pas l’anglais. Une autre, bien plus sournoise : le vocabulaire de ceux qui veulent paraître intelligents.
Le banquier ne parle pas de dettes, il dit “leviers financiers”.
Le garagiste ne change pas une roue, il refait “l’alignement du train roulant”.
Le marketeux ne te propose pas un bouton, il t’invite à optimiser ton CTA (Call To Action, espèce d’ignorant).
Et chez le consultant, il n’y a pas de problème — seulement des “points de friction dans la chaîne de valeur”.
On dirait une langue inventée par des gens qui veulent garder le savoir pour eux.
Comme si parler simple, c’était trahir leur caste.
Ils appellent ça de l’expertise. Moi j’appelle ça un rideau de fumée.
Il faut avoir fait 5 ans d’études pour comprendre une phrase de 10 mots. Ou pour oser dire “c’est un wording inapproprié au regard de la baseline corporate”.
Même les journalistes s’y sont mis : la pluie devient “un épisode cévenol”, et les pauvres sont des “populations à faible intensité économique”.
Ce n’est plus de l’information. C’est du brouillard bien-pensant.
Alors aujourd’hui, j’aimerais faire un appel simple.
Si tu veux vraiment qu’on comprenne ce que tu dis, parle comme tout le monde.
Sinon, assume : tu ne veux pas expliquer. Tu veux briller. Tout seul.
Et ça, c’est pas très “inclusif” comme posture, non ?
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