Peugeot 405 Mi16 : la berline sportive qui prolongeait l’esprit GTI
Lorsque la Peugeot 405 Mi16 apparaît en 1987, la marque française possède déjà une solide réputation auprès des amateurs de GTI. Mais cette fois, il ne s’agit plus de transformer une petite compacte légère en sportive. Peugeot installe un moteur 16 soupapes de 160 ch dans une véritable berline familiale, capable d’emmener quatre personnes et leurs bagages à plus de 200 km/h.
La Peugeot 405 Mi16 va ainsi occuper une place particulière dans l’histoire de la marque. Plus discrète qu’une 205 GTI, plus polyvalente qu’une 309 GTI16 et beaucoup moins radicale que la future 405 T16, elle inaugure une autre manière de concevoir la sportive Peugeot : rapide, familiale et utilisable quotidiennement.
Crédit photo: Illustration Peugeot 405 Mi16
Peugeot 405 Mi16 : quand la familiale reçoit 160 ch
La Peugeot 405 Mi16 lancée en 1987 reçoit un quatre-cylindres 1,9 litre 16 soupapes développant 160 ch, ce qui en fait la sportive de la nouvelle gamme 405. Pourtant, quelques années plus tard, La firme de Sochaux augmentera sa cylindrée tout en diminuant sa puissance : pourquoi ?
Sous son capot prend place le XU9J4 de 1 905 cm³. Alimenté par une injection Bosch Motronic, il délivre ses 160 ch à 6 500 tr/min et 177 Nm à 5 000 tr/min. Des valeurs qui prennent une autre dimension lorsqu’on les rapporte aux quelque 1 150 kg de la voiture.
Peugeot annonce environ 220 km/h en pointe et la Mi16 se montre surtout à son avantage lorsque son moteur monte dans les tours. Mais elle ne se résume pas à ses performances. Son châssis conserve ce mélange de précision et d’agilité qui caractérise alors les meilleures Peugeot, dans une carrosserie quatre portes beaucoup plus polyvalente.
Esthétiquement, la transformation reste mesurée : boucliers spécifiques, becquet arrière, jantes dédiées et quelques détails suffisent à distinguer la Mi16. Une certaine discrétion qui participe aujourd’hui encore à son charme.
Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Peugeot 405 Mi16 1.9L
Crédit photo: Illustration Moteur XU9J4 de la Mi16
Le moteur XU9J4, trait d’union avec la 309 GTI16
Le moteur XU9J4 de la Peugeot 405 Mi16 sera également installé dans la 309 GTI16, où ses 160 ch doivent déplacer une voiture sensiblement plus légère. Pourquoi la grande 405 peut-elle malgré tout revendiquer une personnalité sportive qui lui est propre ?
Parce que Peugeot n’a pas simplement construit deux carrosseries autour du même moteur. La 309 GTI16 privilégie la légèreté, les réactions immédiates et une conduite plus démonstrative. La 405 Mi16 ajoute l’empattement d’une berline, davantage d’espace et une stabilité supérieure à haute vitesse.
Le quatre-cylindres possède néanmoins le même caractère. Il demande à être sollicité dans les hauts régimes et contraste avec les moteurs turbo qui commencent alors à se multiplier chez les sportives européennes. La puissance arrive sans suralimentation, grâce notamment à la culasse à quatre soupapes par cylindre.
Cette mécanique devient ainsi l’un des fils conducteurs de l’âge d’or sportif de Peugeot. Dans la 309, elle donne naissance à l’une des GTI françaises les plus redoutables. Dans la 405, elle démontre qu’une familiale peut offrir des sensations comparables sans sacrifier son usage quotidien.
La Mi16x4 : quatre roues motrices avant la 405 T16
En 1989, Peugeot ajoute une nouvelle déclinaison : la 405 Mi16x4. Son moteur reste atmosphérique et conserve 160 ch, mais la puissance est désormais transmise aux quatre roues.
Cette transmission intégrale permanente utilise notamment un différentiel central Torsen. Sur le papier, la Mi16x4 gagne en motricité et correspond parfaitement à une époque où les quatre roues motrices deviennent un argument technologique majeur.
Le revers apparaît sur la balance. Le système alourdit sensiblement la voiture et atténue une partie de la vivacité qui faisait le charme de la Mi16 traction. La version intégrale restera donc beaucoup plus confidentielle.
Elle mérite pourtant une place importante dans la généalogie de la 405 sportive. Quatre ans avant l’arrivée de la T16, Peugeot possède déjà une berline performante à transmission intégrale. La future version turbo reprendra ce principe en lui ajoutant une puissance autrement plus importante.
Crédit photo: Illustration de l’arrière
Phase 2 : plus de cylindrée mais moins de puissance
La réponse au paradoxe posé plus haut arrive avec le restylage de 1992. La 405 reçoit une nouvelle planche de bord, une poupe profondément revue et plusieurs évolutions mécaniques. La Mi16 abandonne son 1 905 cm³ au profit du XU10J4 de 1 998 cm³.
Deux litres au lieu de 1,9 litre, mais seulement 155 ch dans un premier temps, puis 150 ch sur les dernières versions. La raison tient notamment à l’adaptation aux nouvelles normes antipollution et à la généralisation du catalyseur.
La Phase 2 devient ainsi plus moderne et plus civilisée, mais perd une partie du caractère qui avait forgé la réputation de la première Mi16. C’est l’une des raisons pour lesquelles les premières 160 ch occupent aujourd’hui une place particulière chez les passionnés.
Peugeot tentera également de donner davantage d’exclusivité à la Mi16 avec la Le Mans, commercialisée à partir de 1993 pour célébrer les succès de la 905 aux 24 Heures. Produite à seulement 500 exemplaires et reconnaissable notamment à sa livrée rouge, elle constitue aujourd’hui l’une des Mi16 les plus rares.
Crédit photo: Illustration 405 T16
La 405 T16 pousse la recette beaucoup plus loin
La confusion entre Mi16 et T16 est fréquente, pourtant les deux voitures appartiennent à des registres différents. Lorsque la 405 T16 arrive en 1993, Peugeot ne se contente pas d’améliorer la Mi16.
Son quatre-cylindres 2 litres reçoit un turbocompresseur et développe 200 ch en fonctionnement normal. Une fonction d’overboost permet même d’obtenir ponctuellement davantage de puissance. La transmission intégrale devient ici indispensable pour exploiter efficacement les performances.
La T16 transforme donc profondément la personnalité de la 405 sportive. Elle constitue le sommet technologique de la gamme et sa rareté en fera naturellement la version la plus recherchée.
Mais elle ne remplace pas historiquement la Mi16. C’est cette dernière qui, dès 1987, avait démontré qu’une grande berline Peugeot pouvait devenir une véritable sportive sans perdre sa vocation familiale. La T16 représente plutôt l’aboutissement spectaculaire d’une idée initiée six ans auparavant.
Crédit photo: Illustration intérieur Peugeot 405 Mi16
Pourquoi la Peugeot 405 Mi16 devient une vraie voiture de collection
Longtemps, la 405 Mi16 est restée dans l’ombre des 205 et 309 GTI. Cette situation a eu une conséquence classique : lorsque les exemplaires étaient encore peu chers, beaucoup ont été modifiés, usés intensivement ou simplement négligés.
Trouver aujourd’hui une Phase 1 de 160 ch parfaitement d’origine devient donc sensiblement plus difficile. Le marché reste toutefois très dispersé. Une moyenne récente des annonces françaises se situe autour de 8 000 euros, mais ce chiffre masque de grandes différences selon l’état, l’historique et la version.
Pour une belle Mi16 utilisable et correctement entretenue, une fourchette d’environ 8 000 à 15 000 euros constitue désormais un ordre de grandeur plus représentatif. Les exemplaires exceptionnels, très peu kilométrés ou particulièrement préservés peuvent dépasser largement ce niveau. Les rares Mi16x4 et Le Mans obéissent encore davantage à l’offre disponible.
Cette progression change progressivement le statut de la voiture. La 405 Mi16 n’est plus seulement une ancienne berline sportive abordable. Les survivantes réellement conformes à l’origine commencent à devenir des témoins recherchés d’une période particulièrement féconde pour Peugeot.
Conclusion
La Peugeot 405 Mi16 n’a jamais bénéficié de l’aura immédiate de la 205 GTI ni de l’exclusivité de la 405 T16. C’est justement ce qui la rend intéressante près de quarante ans après son apparition.
Avec son 16 soupapes de 160 ch, elle a transporté une partie de l’esprit des GTI Peugeot dans une berline familiale capable de voyager vite et loin. La Mi16x4, la Phase 2 puis la T16 montrent ensuite jusqu’où Peugeot a fait évoluer cette formule. Entre les petites GTI des années 1980 et les grandes berlines sportives qui suivront, la 405 Mi16 constitue aujourd’hui un maillon essentiel de l’histoire sportive de la marque.
Nota Bene :
la 405 Mi16 ne doit pas être confondue avec les spectaculaires 405 de compétition engagées notamment à Pikes Peak ou au Dakar. Malgré leur silhouette évoquant la berline de série, ces prototypes appartenaient à un univers technique totalement différent.
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