Peugeot 406 Coupé bleu clair vue de trois-quarts avant, dessinée par Pininfarina.
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Peugeot 406 Coupé : le V6 a-t-il déjà tout d’un futur collector ?

La Peugeot 406 Coupé appartient à cette catégorie assez rare de voitures dont la ligne semble avoir beaucoup moins vieilli que leur date de naissance. Présentée en 1996 puis commercialisée à partir de 1997, elle approche désormais tranquillement de la trentaine. Pourtant, un bel exemplaire croisé aujourd’hui attire encore les regards. De quoi lui imaginer un avenir tout tracé en collection ? Probablement, mais pas pour toutes les versions et certainement pas du jour au lendemain.

Crédit photo: Illustration Peugeot 406 Coupé

Peugeot 406 Coupé bleu clair vue de trois-quarts avant, dessinée par Pininfarina.

Peugeot 406 Coupé : quand Pininfarina dessinait l’une des plus belles Peugeot

À première vue, difficile d’imaginer que la Peugeot 406 Coupé partage une partie de ses dessous avec la très sage berline 406. Sa carrosserie est entièrement différente et son dessin est signé Pininfarina, qui assure également sa fabrication dans son usine italienne de San Giorgio Canavese. Le résultat reste probablement l’une des Peugeot les plus élégantes de l’époque moderne. Capot plongeant, surfaces simples, ligne de toit fluide, poupe relativement haute et absence presque totale d’artifices : la 406 Coupé n’a pas besoin d’ailerons ou de prises d’air gigantesques pour attirer l’attention.

Cette sobriété explique aussi pourquoi elle vieillit aussi bien. Certaines voitures très modernes lors de leur présentation semblent profondément marquées par leur époque vingt ans plus tard. La 406 Coupé paraît simplement être devenue classique. Et en collection, la beauté constitue rarement un handicap. Surtout lorsqu’elle est associée au nom de Pininfarina et à une carrosserie qui n’a plus vraiment d’équivalent dans la gamme Peugeot actuelle.

Crédit photo: Illustration du V6 Peugeot

Une vraie gamme, du quatre-cylindres essence jusqu’au V6

La 406 Coupé n’a cependant jamais été une sportive radicale réservée à quelques passionnés. Peugeot souhaitait proposer un véritable coupé de grande diffusion, suffisamment confortable pour parcourir de longues distances et disponible avec plusieurs motorisations. Les quatre-cylindres essence 2.0 puis 2.2 constituent ainsi une bonne partie de l’offre. Ils permettent déjà de profiter de la ligne et du comportement du Coupé sans supporter les consommations et les coûts d’entretien du moteur le plus prestigieux.

Le sommet de la gamme est occupé par le V6 3.0, qui évoluera au cours de la carrière du modèle. Avec environ 200 ch dans ses versions les plus puissantes, il n’en fait pas une supercar, mais ce n’est de toute façon pas sa vocation. La souplesse et l’agrément du six-cylindres correspondent parfaitement au caractère de grand tourisme de la voiture.
Le diesel HDi rejoindra également la gamme. À l’époque, ce choix n’avait rien d’absurde : les diesels dominaient progressivement le marché français et permettaient aux gros rouleurs de profiter d’un élégant coupé avec une consommation raisonnable. Mais ce qui était rationnel neuf ne correspond pas forcément à ce que recherchera un collectionneur trente ou quarante ans plus tard.

Moteur V6 3.0 essence d'une Peugeot 406 Coupé.

Crédit photo: Illustration Peugeot 406 Coupé

Peugeot 406 Coupé rouge vue de trois-quarts avant gauche.

Le V6 essence possède aujourd’hui les meilleures cartes

Si l’objectif est d’acheter aujourd’hui une Peugeot 406 Coupé pour la conserver longtemps, le V6 essence apparaît comme le choix le plus évident. D’abord parce qu’il représente le haut de gamme historique du modèle. Lorsqu’une ancienne commence à devenir recherchée, les versions les plus prestigieuses sont souvent celles qui attirent en priorité les collectionneurs. Le V6 ajoute également à la beauté de la carrosserie un moteur dont l’agrément participe réellement à l’expérience.
Ensuite parce que ce type de mécanique a pratiquement disparu des Peugeot modernes. Un coupé Peugeot équipé d’un V6 atmosphérique appartient désormais clairement à une autre époque automobile, ce qui peut renforcer son intérêt dans les années à venir.

Pour autant, acheter n’importe quel V6 en pensant détenir automatiquement un futur trésor serait une erreur. Un exemplaire peu kilométré possède évidemment un avantage, mais l’historique et l’état général comptent au moins autant.
Une voiture ayant parcouru 100 000 km avec un entretien documenté et une carrosserie impeccable peut être beaucoup plus intéressante qu’une autre affichant 60 000 km mais ayant passé quinze ans dehors ou subi des modifications douteuses.

Crédit photo: Illustration intérieur Peugeot 406 Coupé

Poste de conduite et intérieur cuir d'une Peugeot 406 Coupé.

Diesel, gros kilométrage, voitures modifiées : toutes ne deviendront pas des collectors

C’est probablement le principal piège autour de la 406 Coupé : penser que la hausse progressive de l’intérêt pour le modèle entraînera toutes les versions de la même manière. Une HDi bien entretenue peut encore être une excellente voiture pour rouler. Elle possède exactement la même élégante carrosserie et peut même constituer une façon relativement abordable de profiter du modèle. Mais dans une perspective de collection à long terme, le diesel semble nettement moins prometteur que le V6 essence.
Les quatre-cylindres essence occupent une position intermédiaire. Un très bel exemplaire, dans une configuration recherchée et parfaitement conservé, aura toujours de l’intérêt. Et mieux vaut certainement un superbe 2.0 d’origine qu’un V6 fatigué ayant subi vingt ans de bricolages. Car la sélection naturelle a déjà commencé. Certaines 406 Coupé ont énormément roulé, d’autres ont été modifiées, accidentées ou simplement négligées lorsque leur valeur était au plus bas. À mesure que les années passent, trouver une voiture vraiment saine, complète, proche de l’origine et accompagnée d’un historique cohérent devient plus difficile.

C’est cette raréfaction des beaux exemplaires, davantage que le simple âge du modèle, qui peut progressivement faire évoluer leur valeur.

Crédit photo: Illustration arrière gauche

Une future voiture de collection… à condition d’être patient

La Peugeot 406 Coupé possède presque tous les ingrédients d’une future classique : un dessin unanimement apprécié, la signature de Pininfarina, une vraie personnalité, une génération de passionnés qui l’a connue neuve et une catégorie automobile le grand coupé généraliste qui a pratiquement disparu. Mais elle possède également une caractéristique qui invite à rester raisonnable : elle n’est pas rare au sens strict. Plus de 100 000 exemplaires ont été produits durant sa carrière. Il faudra donc probablement encore du temps pour que le marché distingue fortement les voitures ordinaires des exemplaires réellement exceptionnels.

Ce sont précisément les beaux V6 qui semblent les mieux placés pour profiter de cette évolution. Faible kilométrage, historique limpide, intérieur préservé, belle combinaison de couleurs et configuration d’origine devraient progressivement compter davantage. Acheter une 406 Coupé aujourd’hui uniquement dans l’espoir de réaliser rapidement une plus-value paraît donc assez hasardeux. En revanche, acheter un très beau V6 parce qu’on aime la voiture, en profiter raisonnablement et le conserver pendant dix ou quinze ans constitue une démarche beaucoup plus cohérente.
La bonne Peugeot 406 Coupé à rechercher n’est finalement pas nécessairement la moins chère disponible aujourd’hui. C’est celle que son propriétaire précédent a déjà réussi à préserver pendant près de trente ans et que le suivant aura encore envie de conserver longtemps.

Peugeot 406 Coupé vue de trois-quarts arrière sous des arbres en fleurs.

Conclusion

La Peugeot 406 Coupé a les qualités pour devenir une vraie voiture de collection, mais toutes les versions ne suivront probablement pas la même trajectoire. Pour celui qui souhaite en conserver une longtemps, un beau V6 essence, peu kilométré, d’origine et parfaitement entretenu reste aujourd’hui le choix le plus évident.

Nota Bene :

Une voiture ne devient pas de collection simplement parce qu’elle vieillit. Dans le cas de la Peugeot 406 Coupé, les plus beaux V6 commencent surtout à montrer pourquoi certains exemplaires vieilliront probablement beaucoup mieux que les autres.

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