Portrait de Jean Castex en plan buste, avec deux tampons rouges RATP et SNCF apposés sur la photo, ambiance ironique, fond contrasté

Jean Castex à la SNCF : l’art français de recycler les élites

Nouveau coup de théâtre dans le petit monde des grandes entreprises publiques : Jean Castex, ex-Premier ministre, déjà passé par la présidence de la RATP, vient de décrocher le fauteuil de président de la SNCF. Voilà un homme qui ne perd pas le nord — et surtout, qui ne perd jamais une opportunité de rebondir dans les transports, sans jamais vraiment rendre de comptes.

Le plus étonnant, ce n’est même pas qu’on place à la tête d’une société malade un ancien responsable politique qui n’a jamais redressé grand-chose. Non, ce qui fascine, c’est cette habitude très française de recaser à tour de bras les technocrates de haut vol, comme si une carte d’énarque valait brevet de compétence universelle. Peut-on vraiment croire qu’un dirigeant qui a vu la dette publique exploser à Matignon saura remettre sur les rails une SNCF engluée dans ses retards, ses grèves et ses déficits abyssaux ? À se demander si, pour postuler, il suffit d’avoir un bon carnet d’adresses… et un ticket de métro composté à vie.

D’ailleurs, Castex, c’est un peu le symbole d’une caste : celle des “intouchables” de la République, recyclés à l’infini, de ministère en conseil d’administration, de la RATP à la SNCF, sans jamais passer par la case “redressement d’entreprise” dans le privé. À 60 ans, il pourrait profiter tranquillement de sa retraite de Premier ministre — privilèges compris — mais non, on le retrouve encore aux commandes. Par passion ? Par devoir ? Ou simplement parce que, dans ce système, la prime va toujours à la loyauté au clan, jamais à la compétence avérée ?

Pourquoi ne pas choisir, pour une fois, un patron qui a fait ses preuves dans l’industrie, le commerce, la tech, ou simplement dans la vraie gestion ? Un profil qui a déjà sauvé une entreprise, ou au moins redressé un secteur ? Cette question, tout le monde la pose… sauf ceux qui décident. On reste dans le système Macron, la promotion du copinage et du conformisme. Coluche, déjà en avance sur son temps, se moquait des technocrates : “Tu leur donnes le Sahara, dans deux ans, il faut qu’ils achètent du sable.” Pas mieux, franchement.

Le plus absurde, c’est qu’on nous vend toujours ces nominations comme des “choix de raison” ou de “continuité républicaine”. En réalité, il s’agit d’un jeu de chaises musicales où l’on récompense la fidélité au sérail plus que le courage de réformer. Qui peut encore croire que ce schéma va faire bouger les lignes ? Le contribuable, lui, continue de payer — et de regarder passer les trains en retard.

Nota Bene:

En France, la gestion des grandes entreprises publiques ressemble souvent à un club fermé où l’on s’échange les fauteuils dorés. Le vrai défi serait d’oser ouvrir la porte à de nouveaux profils, et de donner enfin une chance au mérite plutôt qu’aux réseaux. Un jour peut-être… mais sûrement pas cette année.

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