Bugatti EB110 bleue de 1991 vue de trois quarts avant
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Bugatti EB110 : la supercar qui ressuscita la marque française

La Bugatti EB110 occupe une place particulière dans l’histoire automobile. Bien avant la Veyron et la Chiron, cette supercar des années 1990 a tenté l’impossible : faire renaître la marque fondée par Ettore Bugatti plusieurs décennies après sa disparition. Dotée d’un V12 quadriturbo, d’une transmission intégrale et d’un châssis en carbone, elle était en avance sur son temps. Pourtant, malgré des qualités exceptionnelles, son destin prendra une tournure inattendue.

Crédit photo: illustration portes en élytre ouvertes de la EB110

Bugatti EB110 argent avec portes en élytre ouvertes

Bugatti EB110 : le retour inattendu d’une légende française

L’histoire de la Bugatti EB110 commence en 1991 lorsque l’entrepreneur italien Romano Artioli décide de faire renaître la marque fondée par Ettore Bugatti. Disparue depuis plusieurs décennies, Bugatti conserve alors une aura exceptionnelle auprès des passionnés. Artioli rêve de redonner vie à ce nom mythique avec une voiture capable de rivaliser avec les meilleures supercars du monde.

La présentation officielle a lieu le 15 septembre 1991 à Paris, date choisie pour célébrer le 110e anniversaire de la naissance d’Ettore Bugatti. C’est d’ailleurs de cet événement que provient le nom EB110, les initiales du fondateur étant associées à cet anniversaire symbolique.

L’ambition est immense. Il ne s’agit pas seulement de construire une voiture rapide, mais de relancer une marque de prestige en proposant ce qui se fait de mieux sur le plan technologique.

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Bugatti EB110

Crédit photo: illustration du profil

Une supercar conçue sans compromis

Dès sa conception, la Bugatti EB110 bénéficie de solutions techniques rarement vues sur une automobile de série.
Son châssis monocoque en fibre de carbone est développé avec l’aide d’Aérospatiale, un choix particulièrement audacieux au début des années 1990. Cette technologie, aujourd’hui répandue dans les hypercars, reste alors réservée à des applications très exclusives.

Les ingénieurs travaillent également sur l’aérodynamique, la rigidité du châssis et la répartition des masses. Tout est pensé pour offrir un comportement routier irréprochable malgré des performances extrêmement élevées.

La transmission intégrale constitue également un élément majeur du projet. À une époque où la plupart des supercars utilisent uniquement les roues arrière motrices, cette solution permet d’exploiter plus efficacement la puissance disponible.

Profil latéral de la Bugatti EB110 argent

Crédit photo: illustration du V12 quaditurbo de la Bugatti EB110

Moteur V12 quadriturbo de la Bugatti EB110

Un V12 quadriturbo hors normes

Sous la carrosserie se cache l’un des moteurs les plus impressionnants de son époque.
Le V12 de 3,5 litres reçoit quatre turbocompresseurs et cinq soupapes par cylindre, une architecture particulièrement sophistiquée. Dans sa version GT, il développe environ 560 chevaux, tandis que la version Super Sport dépasse les 600 chevaux.
Cette mécanique permet à la Bugatti EB110 d’atteindre des performances exceptionnelles :

  • plus de 340 km/h en vitesse maximale pour certaines versions ;
  • un 0 à 100 km/h réalisé en moins de quatre secondes ;
  • des accélérations comparables aux meilleures supercars du monde.

Au-delà des chiffres, ce moteur impressionne surtout par sa complexité et son niveau d’ingénierie, témoignant de l’ambition du projet Bugatti.

Plus rapide que les meilleures GT de son époque

Au début des années 1990, la concurrence est particulièrement relevée.
Ferrari propose la F40, Lamborghini commercialise la Diablo et Jaguar mise sur la spectaculaire XJ220. Face à ces références, la Bugatti EB110 ne se contente pas d’exister, elle rivalise directement avec elles.
Les essais réalisés par la presse spécialisée saluent la stabilité de la voiture à haute vitesse, la qualité de sa transmission intégrale et l’efficacité de son châssis. De nombreux journalistes considèrent même qu’elle figure parmi les automobiles les plus avancées techniquement de sa génération.
Sa vitesse maximale et son niveau de sophistication lui permettent d’occuper une place à part dans l’univers des supercars des années 1990.

Crédit photo: Illustration Intérieur de la EB110

Intérieur de la Bugatti EB110 avec sellerie bleue et boîte manuelle

Une voiture exceptionnelle victime d’un mauvais timing

Malgré ses qualités indiscutables, la Bugatti EB110 arrive dans un contexte économique difficile.

Le début des années 1990 est marqué par un ralentissement mondial qui touche particulièrement le marché des voitures de prestige. Les coûts de développement de la nouvelle Bugatti sont considérables et les volumes de vente restent limités.

L’entreprise investit massivement dans son usine de Campogalliano en Italie et dans le développement de nouveaux modèles. Malheureusement, les ventes ne suffisent pas à soutenir ces ambitions.

En 1995, Bugatti Automobili entre en liquidation. La production de l’EB110 s’arrête après seulement quelques années d’existence. Une fin brutale pour un projet qui avait pourtant démontré un savoir-faire exceptionnel.

Crédit photo: illustration porte en élytre

L’héritage de la Bugatti EB110 aujourd’hui

Si l’aventure de Romano Artioli s’achève prématurément, la Bugatti EB110 n’est pas oubliée.

Lorsque le groupe Volkswagen relance la marque quelques années plus tard, l’EB110 apparaît comme un maillon essentiel entre les Bugatti historiques et les futures hypercars modernes. Son approche technologique, sa recherche de performances absolues et son exclusivité annoncent déjà en partie la philosophie de la Veyron.

Aujourd’hui, les exemplaires survivants sont très recherchés par les collectionneurs. Leur rareté, leur importance historique et leurs performances continuent d’alimenter leur réputation.

Longtemps restée dans l’ombre de la Veyron, l’EB110 est désormais reconnue comme l’une des supercars les plus marquantes des années 1990 et comme la voiture qui a permis à Bugatti de renaître une première fois.

Bugatti EB110 avec porte en élytre ouverte

Crédit photo: Illustration prises d’air de la EB110 Supersport

Détail des prises d'air arrière de la Bugatti EB110 Super Sport

Conclusion

La Bugatti EB110 représente bien plus qu’une simple supercar.

Elle symbolise la renaissance audacieuse d’une marque légendaire et démontre qu’il était possible, dès le début des années 1990, de concevoir une automobile en avance sur son temps.

Même si l’aventure Bugatti Automobili s’est terminée prématurément, l’EB110 reste aujourd’hui l’un des modèles les plus fascinants de l’histoire de la marque.

Nota Bene

Avec son V12 quadriturbo, sa transmission intégrale et son châssis carbone, la Bugatti EB110 était déjà une hypercar avant l’heure.

À lire aussi : Bugatti Veyron : la supercar qui a pulvérisé tous les records

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