Vote de suspension de la réforme des retraites. Assemblée Nationale
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Réforme des retraites : quand le vote vire à la tambouille électorale

On a beau s’y attendre, la scène politique française réserve toujours son lot de petits plats mijotés façon tambouille électorale. Cette fois, c’est la fameuse réforme des retraites qui repasse sur le gril de l’Assemblée. Hier, les députés ont voté la suspension de cette loi si impopulaire, censée rééquilibrer des caisses vides, mais surtout mal pensée, mal vendue et, disons-le franchement, très “macronienne” dans sa présentation. Les Français n’en voulaient pas, les experts la jugeaient inévitable, mais personne n’a osé défendre franchement l’intérêt général jusqu’au bout.

Mais le plus savoureux n’est pas là. Ce qui frappe dans ce vote, c’est la répartition des rôles. Le Parti Socialiste, pour sauver la face et justifier de ne pas avoir censuré le gouvernement, se devait de voter pour la suspension. Logique : c’était leur unique argument pour expliquer leur mansuétude envers le pouvoir. Les écologistes ? Fidèles à leur réputation, ils ont suivi la tendance PS, histoire de ne pas se mouiller sur le fond.

Le Rassemblement National, fidèle à sa stratégie d’opposition systématique, a voté pour la suspension, puisqu’ils étaient contre la réforme depuis le début. Les Républicains, défenseurs de la retraite “à l’ancienne”, sont restés droits dans leurs bottes et ont voté contre la suspension, préférant sans doute le chaos à la demi-mesure. Horizon, le groupe d’Édouard Philippe, même combat, pas question de se renier.

Mais le clou du spectacle, c’est la pirouette des macronistes et centristes : eux, les architectes de la réforme, n’ont même pas voté contre la suspension de leur propre texte ! Pour ne pas précipiter la chute du gouvernement, ils ont choisi… l’abstention. Autrement dit, on est contre la suspension, mais on préfère ne pas le dire trop fort, de peur de voir tout s’écrouler.

Chez les Insoumis, la logique est différente, peu importe le contenu, on vote contre tout ce qui ne vient pas de la maison mère. Les communistes ? Contre la suspension eux aussi, allez comprendre… Peut-être une question de principe, ou juste pour ne pas se faire confondre avec les autres.

Au final, on ne sait plus très bien qui défend quoi, ni au nom de qui. Les votes s’alignent non pas sur l’intérêt des Français, mais sur une pure logique de survie politique, de petits calculs et de posture de circonstance. On croirait voir un jeu de chaises musicales où chaque député tente de rester assis sans trop se mouiller.

Faut-il en rire ou en pleurer ? Sans doute un peu des deux. Mais une chose est sûre : la réforme des retraites n’a pas fini d’empoisonner la vie politique française. Le prochain président devra reprendre la casserole brûlante, mais ce sera… son problème.

Nota Bene :

Ce vote sur la réforme des retraites montre que la politique française adore la cuisine interne. Dans cette tambouille, l’intérêt général reste souvent le grand oublié du banquet parlementaire.

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