Clé USB posée sur une table métallique dans une cellule de prison, porte et lit en arrière-plan
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Clé USB en prison : le détenu le plus surveillé réussit à en obtenir plusieurs

Décidément, la réalité dépasse parfois la fiction. On vient d’apprendre qu’une clé USB a été retrouvée dans la cellule de Salah Abdeslam, détenu numéro un, condamné à la perpétuité dite “incompressible” pour les attentats du 13 novembre. Premier réflexe, à quoi peut bien servir une clé USB à un prisonnier qui, en théorie, n’a ni smartphone, ni tablette, ni ordinateur ? Sauf qu’ici, la théorie s’évapore plus vite qu’un mirage sur l’asphalte d’août. Abdeslam disposait bien… d’un ordinateur dans sa cellule, officiellement “non relié au monde extérieur”.
Mais qui, en France, croit encore que les mots veulent dire ce qu’ils semblent dire ? “Perpétuité incompressible” évoque la prison à vie, sans la moindre lueur. Sauf que non : au bout de 30 ans, un tribunal peut tout de même examiner une éventuelle libération. Une vie, mais pas forcément toute la vie ! On joue sur les termes, on rassure l’opinion, puis la petite ligne en bas du contrat finit par s’appliquer.

Revenons à notre clé USB en prison. Officiellement, l’ordinateur d’Abdeslam n’est connecté ni à internet, ni au moindre réseau. Pourtant, l’examen révèle qu’il y a branché au moins quatre clés USB différentes ! Si cela ne sonne pas comme un klaxon dans une église, je ne m’y connais pas… Difficile de ne pas s’interroger.
D’abord, d’où viennent ces clés ? Qui les a fournies, qui a fermé les yeux ? Et surtout, à quoi servent-elles, puisqu’il est censé n’avoir aucune possibilité de communiquer avec l’extérieur ? À ce niveau de surveillance, chaque pixel, chaque ouverture, chaque visite est censée être passée au crible. On imagine volontiers un film où la clé USB se transforme en sésame, glissant d’un détenu à l’autre ou d’un surveillant à l’autre, ou comme cela semble se dessiner, lors d’une visite au parloir.

La vraie question, celle qu’on se pose tous, c’est : si le détenu le plus surveillé de France réussit à manipuler du matériel informatique en toute tranquillité, qu’en est-il du reste des prisons ? Peut-on vraiment croire à l’étanchéité du système, ou est-ce un vœu pieux, à la française, comme la “prison à vie” qui n’en est pas une ?
Faut-il en rire, en pleurer ou en avoir simplement le souffle coupé d’étonnement ? Peut-être un peu tout ça à la fois. Mais une chose est sûre, dans les prisons françaises, il existe manifestement plus de failles qu’on ne veut bien l’admettre. Et au jeu du chat et de la souris, la souris a parfois plus d’un port USB dans sa manche.
Mais rassurez-vous, Gérald Darmanin, actuel ministre de la Justice et garde des Sceaux, ne se sent pas responsable : tout va bien, madame la marquise, circulez, il n’y a rien à voir !

Nota Bene :
L’affaire de la clé USB en prison interroge une nouvelle fois la réalité de la “surveillance maximale”. Quand même les mots perdent leur sens, la confiance aussi finit par s’évaporer.

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