Les panneaux solaires devraient-ils couvrir davantage de parkings ?
Un parking possède une caractéristique assez intéressante : il occupe beaucoup d’espace pour une fonction finalement très simple, celle de laisser des voitures immobiles pendant plusieurs heures. Des hectares de surfaces déjà artificialisées restent ainsi exposés au soleil toute la journée. Dès lors, une idée semble presque évidente : installer des panneaux solaires au-dessus.
Le principe des ombrières photovoltaïques possède effectivement de sérieux arguments. Contrairement à une centrale construite sur un terrain naturel ou agricole, elles utilisent une surface déjà occupée. Le parking continue de remplir exactement sa fonction tout en devenant également un lieu de production d’électricité.
Et pour les automobilistes, le résultat n’est pas désagréable non plus.
En plein été, stationner sous une ombrière évite de retrouver une voiture transformée en four après plusieurs heures au soleil. Les panneaux peuvent également protéger partiellement les véhicules de la pluie et des intempéries. Sur les parkings équipés de bornes de recharge, l’association paraît encore plus logique : produire de l’électricité au-dessus des voitures électriques pendant qu’elles se rechargent quelques mètres plus bas.
Sur le papier, difficile donc de trouver beaucoup d’inconvénients.
Mais une ombrière photovoltaïque n’est évidemment pas constituée de quelques panneaux solaires simplement posés sur quatre poteaux. Elle nécessite une structure capable de résister pendant des décennies au vent, au poids de la neige dans certaines régions, aux variations de température et à toutes les contraintes météorologiques auxquelles elle sera exposée.
Et c’est là qu’un autre phénomène mérite d’entrer dans la réflexion : la grêle.
Les panneaux photovoltaïques ne sont évidemment pas conçus comme de fragiles plaques de verre ordinaires. Ils répondent à des exigences de résistance mécanique et doivent pouvoir supporter des impacts. Une averse de petits grêlons ne signifie donc pas que toute une installation devra être remplacée le lendemain.
Mais tous les épisodes de grêle ne se ressemblent pas.
Lors des orages les plus violents, certains grêlons peuvent atteindre plusieurs centimètres de diamètre et provoquer des dégâts considérables sur les voitures, les toitures et naturellement les installations photovoltaïques. Le changement climatique ajoute une incertitude supplémentaire : il ne permet pas d’affirmer simplement que les épisodes de grêle vont devenir plus nombreux partout, mais l’évolution du risque d’événements violents dans certaines régions doit être prise en compte pour des équipements destinés à rester en place vingt ou trente ans.
Faudra-t-il alors « blinder » les panneaux solaires ?
Probablement pas au sens propre. Mais il faudra peut-être renforcer certains modules, adapter l’épaisseur ou la conception du verre, dimensionner davantage les structures et prévoir plus soigneusement la maintenance et l’assurance. Or chacune de ces améliorations possède un coût. Une installation plus résistante utilise également davantage de matériaux et peut devenir plus lourde.
Ce qui rappelle une réalité parfois oubliée lorsqu’on parle d’énergie renouvelable : produire de l’électricité n’est qu’une partie du problème. Une installation doit également être économiquement viable, suffisamment robuste et réparable pendant toute sa durée de fonctionnement.
Cela ne remet pas en cause l’intérêt des parkings pour le photovoltaïque. Au contraire, parmi les surfaces disponibles, ils semblent particulièrement intéressants précisément parce qu’ils sont déjà artificialisés. Avant d’occuper de nouveaux terrains, utiliser davantage les toitures, bâtiments et parkings existants paraît assez logique.
Mais il serait tout aussi simpliste d’imaginer qu’il suffit de recouvrir chaque parking de panneaux et de considérer le problème comme réglé. L’ensoleillement, la taille du site, les ombres environnantes, le raccordement au réseau, le coût de la structure et les conditions météorologiques locales doivent également entrer dans l’équation.
Finalement, les panneaux solaires installés sur les parkings illustrent assez bien l’un des défis de la transition énergétique. L’idée de départ peut être excellente, mais sa réussite dépend de dizaines de détails beaucoup moins spectaculaires.
Et puisque ces installations sont justement destinées à participer à la réponse au changement climatique, autant s’assurer dès aujourd’hui qu’elles seront capables de résister au climat qu’elles connaîtront demain.
Nota Bene :
Couvrir davantage de parkings de panneaux solaires paraît plein de bon sens. À condition de ne pas oublier qu’un panneau prévu pour produire pendant trente ans devra aussi passer trente étés, trente hivers… et probablement quelques très mauvais orages.
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