Panne bancaire : prêts pour la vie sans cash ?
Ce samedi, un “dysfonctionnement interne”, c’est le mot poli employé par les banques, a paralysé tout le réseau Crédit Mutuel, CIC et Monabanq. Plus de deux heures d’impossibilité totale : paiements refusés, retraits bloqués, commerçants furieux et clients un brin paniqués devant des terminaux muets comme des carpes.
On en rigole (jaune) après coup, mais qui n’a pas ressenti cette petite sueur froide ? En 2025, il suffit d’un bug informatique et tout s’arrête net — comme un feu rouge planté sur l’autoroute de notre “modernité”.
On nous promet pourtant, la main sur le cœur, que le cash n’a plus d’avenir. L’argent liquide serait ringard, sale, dépassé. Le portefeuille ? Un accessoire pour nostalgiques. Mais qui peut sérieusement croire qu’un monde 100 % digital ne connaîtra jamais la panne ? Ce samedi, ce n’était “que” deux heures. Mais demain, si tout saute pour 24 ou 48 heures ? Si un hacker (ou juste un ordi fatigué) débranche la prise ?
Dans le meilleur des cas, tu négocies avec le boulanger pour deux croissants à crédit, ou tu fais la queue au distributeur… qui ne marche pas non plus. Les besoins les plus urgents, un ticket de métro, un plein d’essence, une boîte de Doliprane, deviennent inaccessibles.
Tu pensais être un citoyen moderne, tu redeviens soudain un mendiant de pièces.
Question : ceux qui veulent supprimer le cash peuvent-ils garantir qu’aucune panne ne dépassera jamais “quelques heures” ? Bien sûr que non. Même les experts le reconnaissent, sans trop ébruiter le micro.
Le tout-numérique, c’est une fabuleuse promesse, mais aussi une bombe à retardement. On l’oublie trop souvent, jusqu’au jour où le terminal s’éteint, On se retrouve à tendre son billet comme un naufragé agitant un drapeau, espérant attirer l’attention d’un commerçant compatissant..
Pas besoin d’être conspirationniste ou technophobe : il suffit d’être un peu prudent, ou d’avoir déjà vécu une panne comme celle-ci, pour défendre l’existence d’un plan B, aussi vieux que le monde : le cash.
Nota Bene :
La prochaine panne bancaire durera peut-être dix minutes… ou deux jours. Le cash, c’est ringard ? Jusqu’à ce qu’on en ait besoin. La modernité, ce n’est pas supprimer les plans B, c’est les prévoir.
À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier