Limitation de vitesse dynamique : pourquoi ça marche toujours dans le même sens ?
Voilà une innovation qui avait tout pour séduire : la limitation de vitesse dynamique. Sur le papier, l’idée semble pleine de bon sens : adapter la vitesse aux conditions de circulation, à la météo ou à la pollution, bref, faire preuve d’intelligence et de souplesse sur nos routes françaises. Mais dans la réalité… ça tourne vite à la blague ! Car chez nous, limitation dynamique rime systématiquement avec “moindre vitesse”. On passe de 90 à 70, de 130 à 110, de 80 à 50. Jamais l’inverse ! C’est un peu comme si l’on réglait le thermostat de la maison uniquement pour avoir plus froid.
Il suffit d’emprunter le périphérique parisien ou une portion d’autoroute urbaine pour s’en convaincre. Dès qu’une goutte de pluie tombe ou qu’un radar météo s’agite, la vitesse chute illico. Parfois, on comprend : la visibilité est mauvaise, la chaussée glissante, le trafic sature. Mais combien de fois voit-on un affichage “70 km/h” en pleine nuit sur trois voies désertes ? Qui n’a jamais roulé à 50, seul sur un boulevard périphérique où la route semble avoir été privatisée pour les chats ? On s’interroge : pourquoi ne jamais envisager que, dans de bonnes conditions, on pourrait remonter la limite ? Si le trafic est fluide, la météo clémente, la visibilité parfaite… pourquoi s’entêter à brider les automobilistes comme s’ils étaient tous des têtes brûlées en puissance ?
Évidemment, certains répondront : “Sécurité avant tout ! On ne badine pas avec la vie.” Mais soyons honnêtes : la sécurité, c’est aussi savoir s’adapter au réel, pas tout bloquer “par précaution”. Nos voisins allemands, espagnols ou même néerlandais expérimentent des limitations variables… et parfois à la hausse ! Certains tronçons d’autoroute voient leur vitesse autorisée remonter à 110 ou 130 km/h la nuit ou hors pointe. En France, on n’y pense même pas : l’innovation avance, mais toujours dans la même direction, celle de la réduction permanente.
En fait, la limitation dynamique, c’est un peu la baguette magique des technocrates : on donne l’impression d’agir, mais toujours à sens unique. Faut-il s’étonner alors que beaucoup d’automobilistes se sentent infantilisés, privés de leur bon sens et de leur liberté ? Après tout, si l’on nous fait confiance pour ralentir, pourquoi ne pas aussi nous faire confiance pour accélérer, quand les conditions le permettent ?
À la fin, on se retrouve avec un système qui frustre tout le monde : les prudents, parce qu’ils sont ralentis même quand ce n’est pas nécessaire ; les pressés, parce qu’ils voient bien que la route est vide ; et même les policiers, qui doivent expliquer pourquoi le panneau lumineux n’a jamais l’idée d’afficher autre chose que “moins vite”.
Nota Bene :
Limitation dynamique : une innovation pensée pour s’adapter… mais qui ne connaît que la marche arrière. Peut-être qu’un jour, la France saura aussi faire confiance à ses automobilistes, dans les deux sens !
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