Radar routier moderne surmonté de plusieurs caméras de surveillance, ciel bleu en arrière-plan.

Caméras partout, liberté nulle part ?

Un jour, on regardera nos vieilles voitures comme on regarde aujourd’hui un téléphone à clapet : avec un mélange de tendresse et de stupeur. Non pas parce qu’elles étaient lentes ou polluantes, mais parce qu’elles étaient libres. Aujourd’hui, chaque trajet en voiture ressemble à une partie d’échecs contre une armée de caméras invisibles.

Il y a d’abord les radars, bien sûr. Fixes, mobiles, tronçons, feu rouge… Il ne manque plus que le radar qui détecte si on baille au volant ou si on écoute France Gall trop fort. Ensuite viennent les ZFE, ces zones où votre voiture, pourtant achetée à crédit il y a six ans, devient subitement indésirable. Mais là où ça devient franchement inquiétant, c’est avec les caméras “intelligentes”. Elles lisent vos plaques, devinent si vous êtes au téléphone, estiment votre vitesse, et bientôt, pourquoi pas, votre humeur.

On nous répondra que “c’est pour notre sécurité”. Le problème, c’est que cette formule magique sert aujourd’hui à tout justifier. Qui a voté pour une ville truffée d’objectifs ? Qui a décidé que la voiture était devenue suspecte par nature ? Et surtout : où est la limite ? La surveillance a changé de visage. Elle n’a plus besoin de badge, ni de sirène. Elle se contente d’un clignement de diode.

Le plus ironique, c’est que tout cela se fait souvent au nom de la transition écologique. Mais pendant qu’on traque la Twingo diesel du boulanger à 7h du matin, les jets privés continuent de relier Paris à Genève comme on va chercher le pain.

Certains diront : “Si t’as rien à te reprocher, t’as rien à craindre.” Faux. Ce n’est pas une question de culpabilité, mais de dignité. Comme un klaxon dans un monastère, cette surveillance permanente brise quelque chose de fondamental : le droit de circuler sans être scruté, analysé, scoré.

Alors non, on ne rêve pas d’un monde sans règles. Mais d’un monde où on n’oublie pas que liberté et sécurité ne sont pas ennemies, mais complices. À force d’exiger l’une contre l’autre, on risque de perdre les deux.

Nota Bene :

Même les voitures autonomes finiront par avoir des yeux dans le dos… mais pour surveiller qui ? La techno avance, mais la confiance, elle, recule. Voilà le vrai virage dangereux.

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