François Hollande, Bruno Le Maire, Édouard Philippe et Gabriel Attal à l’approche de la présidentielle 2027.
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Présidentielle 2027 : vous avez les solutions maintenant ?

La présidentielle 2027 commence à peine et le premier grand débat entre les principaux prétendants à l’Élysée a déjà eu lieu. Dette, retraites, fiscalité, dépenses publiques, réindustrialisation : pendant plus de trois heures, chacun a expliqué ce qu’il faudrait faire pour remettre la France sur de bons rails. Très bien.

Mais devant certains candidats, une question vient assez naturellement : si vous saviez ce qu’il fallait faire, pourquoi ne l’avez-vous pas fait lorsque vous étiez aux commandes ? Gabriel Attal et Édouard Philippe ont tous deux occupé Matignon. Le second a été Premier ministre pendant trois ans, de 2017 à 2020. Le premier a été ministre avant de devenir Premier ministre. Ils possèdent donc incontestablement une expérience du pouvoir que d’autres candidats n’ont pas.

Mais l’expérience possède un petit inconvénient : elle laisse un bilan. Il devient alors assez étonnant d’entendre d’anciens responsables gouvernementaux expliquer ce qu’il faudrait désormais changer radicalement, comme s’ils découvraient la situation du pays après plusieurs années passées à participer directement à sa conduite.

Le phénomène devient encore plus spectaculaire avec les finances publiques. Bruno Le Maire, qui commence lui aussi à sortir du bois même s’il n’est pas encore déclaré, a été ministre de l’Économie et des Finances de 2017 à 2024. Sept années à Bercy, ce qui laisse tout de même un peu de temps pour observer les comptes de la France et tenter d’agir dessus. Pendant cette période, la dette publique a augmenté de plus de 1 000 milliards d’euros en valeur nominale. Évidemment, lui attribuer personnellement cette augmentation serait absurde. Entre la crise sanitaire, le « quoi qu’il en coûte », la crise énergétique et les différentes mesures exceptionnelles, ces sept années n’ont rien eu d’une promenade budgétaire.
Mais lorsqu’un ancien ministre des Finances revient ensuite expliquer comment réduire la dette et remettre de l’ordre dans les dépenses publiques, il devient difficile de ne pas lui demander pourquoi les solutions proposées aujourd’hui n’ont pas été appliquées hier.

François Hollande, ancien président de la République, revient lui aussi régulièrement dans le débat public. Et à mesure que 2027 approche, les anciens dirigeants semblent retrouver une remarquable capacité à identifier ce qui ne fonctionne plus en France. Il ne s’agit pas de leur interdire de parler. Ce serait même absurde.
Un ancien président, un ancien Premier ministre ou un ancien ministre possède une expérience précieuse. Il peut avoir changé d’avis, reconnu certaines erreurs ou tiré les enseignements de décisions qui n’ont pas produit les résultats espérés. Changer d’analyse n’est pas un défaut. Refuser d’expliquer pourquoi on en a changé en est davantage un.

Car c’est peut-être ce qui manque le plus souvent.

Avant de promettre une nouvelle réforme des retraites, une réduction des dépenses, une simplification administrative ou une baisse de la dette, pourquoi ne pas commencer par expliquer ce qui a empêché de le faire lorsque les leviers du pouvoir étaient précisément entre leurs mains ?
Était-ce impossible politiquement ? Les circonstances étaient-elles différentes ? Les choix effectués étaient-ils mauvais ? Les résultats ont-ils déçu ? Très bien. Ce sont justement ces réponses qui permettraient de juger la crédibilité des nouvelles promesses.

La campagne de 2027 ne pourra évidemment pas se résumer au bilan des anciens gouvernants. De nouveaux problèmes sont apparus et la France de 2027 n’est pas celle de 2017. Mais on ne peut pas non plus demander aux électeurs d’effacer leur mémoire à chaque nouvelle campagne.
L’expérience politique ne peut pas être présentée comme une formidable qualité au moment de solliciter les suffrages, puis devenir un détail embarrassant lorsqu’il faut répondre de ce qui a été fait.

Alors, à tous ceux qui ont déjà gouverné et qui vont nous expliquer pendant les prochains mois comment remettre la France sur les rails, une seule demande paraît finalement assez raisonnable :

Avant de nous expliquer ce que vous ferez demain, expliquez-nous d’abord pourquoi vous ne l’avez pas fait hier.

Nota Bene :

En politique, avoir changé d’avis peut être une qualité. Encore faut-il expliquer ce qui a provoqué ce changement, surtout lorsqu’on demande à nouveau les clés de la maison.

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