Ancienne enseigne de l’ANPE sur une vitrine, avant son changement de nom en Pôle emploi puis France Travail

Changer de nom pour masquer les problèmes, le grand sport français

Changer de nom pour masquer les problèmes, c’est presque devenu un réflexe national. Une sorte de geste automatique, comme si repeindre la façade suffisait à consolider les fondations.

On connaît tous l’exemple emblématique de l’emploi. L’ANPE est devenue Pôle emploi, puis aujourd’hui France Travail. Trois noms, une même mission, et toujours les mêmes galères pour beaucoup de demandeurs d’emploi. On nous promet à chaque fois un “nouveau départ”, une “nouvelle dynamique”. En réalité, on change la plaque sur la porte, mais à l’intérieur, les dossiers s’empilent toujours pareil.

Côté entreprises, c’est encore plus parlant. Là, le changement de nom arrive souvent quand l’image est trop abîmée pour être réparée. On efface, on rebaptise, on repart sous une nouvelle identité, comme si personne n’allait faire le lien.

Souviens-toi de Spanghero, devenue La Lauragaise après l’affaire de la viande de cheval. Ou d’Orpea, rebaptisée Emeis après les scandales dans ses Ehpad. Plus près de Lyon, Arkema traîne aujourd’hui une réputation lourde autour des PFAS. Et on murmure déjà qu’un nouveau nom pourrait bientôt apparaître.

Toujours le même scénario. Quand le contenu pose problème, on s’attaque au contenant.

Mais sérieusement, qui croit encore à cette magie-là ? Est-ce qu’un logo flambant neuf fait disparaître des années de mauvaise gestion ? Est-ce qu’un slogan repensé améliore soudain la qualité d’un service public ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Ce qui frappe, c’est cette obsession du symbole. On préfère dépenser de l’énergie dans une refonte d’identité, des campagnes de communication, des powerpoints bien lissés, plutôt que de mettre les mains dans le cambouis. Comme si changer de nom pour masquer les problèmes était devenu plus simple que de les affronter.

Et pourtant, les gens ne sont pas dupes. Ils voient bien quand ça coince. Ils sentent quand on leur sert une nouvelle étiquette sur un produit qui n’a pas changé de recette. C’est un peu comme repeindre une vieille voiture sans toucher au moteur, ça brille quelques semaines, puis les mêmes bruits reviennent.

À force, cette stratégie fatigue. Elle donne surtout l’impression d’un pays qui préfère maquiller ses failles plutôt que les réparer. Alors oui, ça fait joli sur le papier. Mais dans la vraie vie, ce sont les actes qui comptent, pas les enseignes.

Changer de nom pour masquer les problèmes, c’est peut-être rassurant pour ceux qui décident. Pour ceux qui subissent, ça sonne surtout creux.

Nota Bene :

À force de rebaptiser ce qui dysfonctionne, on finit par oublier l’essentiel : ce ne sont pas les noms qui font tourner une organisation, ce sont les femmes et les hommes derrière. Et eux, un nouveau logo ne leur change pas la réalité.

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