Planche de bord Maextro S800 avec trois grands écrans numériques intégrés
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Écrans voitures modernes, ces autos durables qui vieillissent mal

Les voitures modernes se veulent plus propres, plus intelligentes, plus durables. Elles promettent une mobilité mieux pensée, plus efficiente, plus connectée. Sur le papier, le progrès semble évident. Mais un détail commence déjà à poser question. Ce détail, c’est l’écran.

Dans de nombreux modèles récents, l’écran central ne sert plus seulement à afficher la radio ou la navigation. Il commande la climatisation, certains réglages du véhicule, les aides à la conduite, parfois même des fonctions essentielles du quotidien. Sans lui, une voiture peut devenir pénible à utiliser, voire partiellement inutilisable. Et comme souvent avec la technologie, la vraie question n’apparaît qu’avec le temps.

Le cabinet allemand d’expertise DEKRA, après avoir analysé de nombreux écrans embarqués de différentes marques, estime que leur durée de vie pourrait se situer autour de dix à douze ans selon les usages et les conditions. Ce n’est pas absurde. Chaleur, vibrations, cycles d’allumage répétés, vieillissement des dalles et des cartes électroniques : une voiture n’est pas un salon tempéré.

Le problème commence alors après la panne. Car remplacer un écran moderne coûte parfois plusieurs milliers d’euros. Dans beaucoup de voitures récentes, il ne s’agit pas de changer une simple dalle comme sur un téléphone. L’écran est intégré à un ensemble plus vaste qui embarque aussi une partie de l’électronique, des calculateurs, des commandes ou des interfaces du véhicule. On remplace donc souvent un module complet, beaucoup plus coûteux. Parfois davantage que la valeur résiduelle du véhicule lui-même. On entre alors dans une logique redoutable, non pas réparer parce que c’est raisonnable, mais abandonner parce que c’est trop cher.

Voilà où le discours se complique. On vend des véhicules présentés comme durables, parfois écologiques, conçus pour réduire leur impact environnemental. Mais leur point faible pourrait être une dalle électronique complexe, chère, difficilement réparable, souvent propriétaire.

Autrement dit, un élément secondaire hier devient potentiellement le maillon faible de toute la voiture. Bien sûr, tout progrès apporte son lot d’ajustements. Les écrans offrent du confort, des mises à jour, une interface moderne appréciée par beaucoup d’usagers. Mais fallait-il tout centraliser ?

Fallait-il remplacer des boutons simples, robustes et peu coûteux par des surfaces tactiles élégantes mais vulnérables ? La vraie modernité n’est pas seulement d’impressionner à l’achat. Elle devrait aussi survivre au temps. Sinon, on ne construit pas des voitures du futur. On fabrique peut-être des produits jetables plus sophistiqués.

Les écrans des voitures modernes posent donc une question bien plus large que celle du design ou du gadget. Sommes-nous face à un progrès réel… ou à une obsolescence organisée qui roule en silence ?

Nota Bene :

Une technologie réussie n’est pas seulement brillante quand elle est neuve. Elle reste crédible quand elle vieillit.

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