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Sécurité routière : plus de radars, moins de routes entretenues ?

À force, on s’y habitue presque. La scène est la même partout, d’un côté, des panneaux annonçant la présence imminente d’un radar, bien visibles, flambant neufs, presque fiers de vous rappeler que la vitesse, c’est le Mal. De l’autre, la chaussée qui se fendille, les nids-de-poule qui prospèrent, les bas-côtés rongés par l’oubli, et votre amortisseur qui prend la pause à chaque virage. En France, la sécurité routière a visiblement trouvé son nouveau mantra : “Flasher plus pour réparer moins”.

Impossible de passer une semaine sans entendre parler d’une nouvelle génération de radars automatiques, capables de débusquer la moindre incartade, de relever en une fraction de seconde votre petite pointe d’impatience. Mais qui s’inquiète vraiment de ce que vit, chaque jour, l’automobiliste moyen ? On nous promet la fin des accidents par la traque numérique, mais sur le bitume, la réalité est tout autre, chaque détour sur une départementale devient une loterie, avec en bonus, la surprise du nid-de-poule ou du gravier fuyant qui mettra à mal votre alignement… et votre porte-monnaie.

On nous répète que “c’est pour notre bien”, que la répression sauve des vies. Mais difficile d’y croire quand le compteur du nombre de radars explose, alors que celui des kilomètres de routes refaites stagne dangereusement. Le budget de l’entretien routier n’a rien d’automatique, lui. Résultat, payer pour rouler plus lentement, d’accord… mais rouler en mode rallye Dakar sur le réseau secondaire, c’était pas vraiment le projet !

Le paradoxe, c’est que la France, pays du bitume roi, laisse filer son patrimoine routier. Les grandes nationales d’antan se transforment en pistes d’essai pour suspension fatiguée, et il faut aujourd’hui plus de vigilance pour éviter les pièges du goudron que pour surveiller le panneau “contrôle automatique”. Dans cette équation, l’automobiliste paie deux fois, d’abord à l’État, ensuite au garagiste, et parfois… à l’assurance.

Si vraiment la sécurité routière était LA priorité, on verrait autant de chantiers que de cabines flasheuses, et nos routes seraient aussi lisses qu’un discours de ministre. En attendant, on compte les points, on serre les dents, et on garde le volant ferme, ce n’est pas le radar qui vous surprendra ce matin, mais bien ce foutu trou juste après le panneau “zone contrôlée”…

Nota Bene :

Sécurité routière, ce n’est pas qu’une question de radar : entretenir le réseau routier, c’est aussi sauver des vies et préserver notre liberté de rouler en toute confiance.

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