Un âne lève la patte pour se couvrir les yeux, sur fond bleu vif

On se noie l’hiver, on s’assèche l’été : cherchez l’erreur

Restrictions d’eau dans le Rhône. En plein mois de juillet. L’herbe crame, les cultures souffrent, les arrosages sont limités… et pendant ce temps-là, personne ne semble se souvenir qu’il a plu non-stop pendant des semaines, cet hiver. Des torrents de pluie, des sols saturés, des toits qui fuyaient. Et maintenant ? On racle les fonds de nappes phréatiques comme si la flotte avait disparu dans un tour de magie.

Mais où est passée toute cette eau ?
Pas dans les réserves. Pas dans des bassins. Pas dans des solutions d’avenir. Non. Elle est partie à l’égout, à la rivière, à la mer. Évacuée, comme un excès gênant, alors qu’elle était une bénédiction.

La vérité, c’est qu’on gère l’eau comme si on était au XIXe siècle. Quand il pleut, on s’en plaint. Quand il fait sec, on gémit. Et entre deux, on oublie qu’on vit dans un pays tempéré, pas dans une jungle amazonienne ni au Sahel. Alors pourquoi n’avons-nous aucun système sérieux de captation d’eau de pluie pour l’agriculture, pour les usages non potables, pour les périodes de tension ?

La technologie existe. Les exemples aussi. L’Espagne, Israël, même certains coins de Californie — des zones bien plus arides — ont mis en place des réseaux de récupération et de stockage pluvial. Mais chez nous ? On fait des conférences. Des “plans”. Des comités Théodule et des conclaves, dernière idée de génie de notre Premier ministre décadent concernant les retraites… . Et surtout, on laisse tomber des hectolitres par millions dans les bouches d’égout en croisant les doigts pour que juillet ne soit pas trop sec. Raté.

Le pire ? On culpabilise l’agriculteur qui arrose ses salades, on surveille le jardinier du dimanche, on interdit le lavage des voitures, pendant que des kilomètres de canalisations fuient dans l’indifférence générale.

Franchement, à ce rythme, autant mettre des arrosoirs sous les gouttières. On fera mieux que nos élus.

Alors oui, on se noie l’hiver et on s’assèche l’été.
Mais au lieu de chercher la pluie, il faudrait peut-être chercher l’erreur. Elle est là, dans notre incapacité chronique à anticiper, à investir, à stocker. Dans notre tendance à subir, toujours. Comme si le climat devait s’adapter à nous, et pas l’inverse.

Nota Bene :

On parle de “crise de l’eau”, mais on devrait parler de “crise de l’intelligence”. La pluie tombe… mais notre bon sens, lui, s’est évaporé.

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