GPS, nous ont-ils fait perdre le sens de l’orientation ?
Pendant des décennies, partir vers une destination inconnue demandait un minimum de préparation. Une carte routière dans la boîte à gants, quelques notes sur un papier ou des indications demandées à un proche faisaient partie du voyage. Aujourd’hui, il suffit généralement de saisir une adresse sur un écran.
Quelques secondes plus tard, une voix indique où tourner, quelle sortie prendre et même quelle voie choisir à l’approche d’un échangeur. Personne ne contestera que le GPS a révolutionné les déplacements. Les trajets sont plus simples, les erreurs moins nombreuses et les embouteillages parfois évités grâce aux informations en temps réel. Pour beaucoup d’automobilistes, il est devenu aussi indispensable que le volant.
Mais cette facilité a peut-être un effet secondaire inattendu. Savons-nous encore réellement nous orienter sans lui ?
La question peut sembler surprenante. Pourtant, il suffit parfois d’une panne de batterie, d’une perte de réseau ou d’un appareil oublié pour constater à quel point les habitudes ont changé. Beaucoup de conducteurs suivent aujourd’hui les indications sans même chercher à mémoriser l’itinéraire. Certains empruntent régulièrement les mêmes routes tout en laissant le GPS activé. D’autres arrivent à destination sans être capables de décrire précisément les communes traversées ou les axes utilisés.
Le GPS ne se contente plus de nous guider. Il réfléchit à notre place. Avant son arrivée, il fallait observer les panneaux, retenir les directions, repérer les villes importantes et construire mentalement une carte du trajet. Cette gymnastique intellectuelle faisait naturellement travailler le sens de l’orientation.
Aujourd’hui, une simple instruction vocale remplace souvent cette réflexion. Tournez à droite. Prenez la prochaine sortie. Continuez tout droit. Et le cerveau se repose.
Le phénomène n’est d’ailleurs pas limité à l’automobile. Les smartphones nous guident à pied, à vélo, dans les transports en commun et parfois même à l’intérieur des bâtiments. Au point que certaines personnes se sentent presque perdues dès que l’écran disparaît. Faut-il pour autant regretter le GPS ? Probablement pas.
Comme beaucoup d’innovations, il apporte plus d’avantages que d’inconvénients. Il permet de gagner du temps, d’éviter du stress et d’accéder facilement à des lieux inconnus. La vraie question est peut-être ailleurs.
Le GPS nous a-t-il fait perdre notre sens de l’orientation ou nous a-t-il simplement dispensés de l’utiliser aussi souvent qu’avant ? Car ces deux situations ne sont pas tout à fait les mêmes.
Au fond, le GPS est peut-être devenu victime de son propre succès. Plus il fonctionne bien, moins nous avons besoin de développer les compétences qu’il remplace. Et il suffit parfois d’une batterie vide pour s’en rendre compte.
Nota Bene :
Selon plusieurs études, l’utilisation intensive des systèmes de navigation réduit la mémorisation des itinéraires et des repères géographiques. Un confort indéniable qui soulève une question simple : savons-nous encore nous orienter lorsque la technologie cesse de nous guider ?
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