Allée de platanes parisienne embouteillée, avec des voitures à l’arrêt et un trottoir couvert de feuilles mortes, ambiance automnale et ciel gris.

Le blues de septembre, ou l’art français de tout critiquer

Chaque année, on croit que la rentrée sera différente, mais septembre garde ses bonnes vieilles habitudes. C’est le mois du blues français : entre la météo qui se dégrade, les cartables qui grincent, les factures qui s’empilent, la France se remet à râler comme on respire. On pourrait croire à un sport national — et ce n’est même pas exagéré.

Mais cette année, le mois de septembre a un parfum de lassitude supplémentaire. La météo hésite entre été indien et crachin normand, et, comme si ça ne suffisait pas, l’actualité politique s’invite à la fête. Le gouvernement en place vacille comme une chaise bancale : dans une semaine, il aura peut-être sauté. Nouveau Premier ministre pour trois mois ? Ou dissolution, élections surprise, scénario “on recommence tout” ? On dirait un mauvais remake, mais c’est la vie politique à la française.

La France adore râler, surtout quand elle ne sait pas ce qui l’attend. À peine la rentrée passée que les sujets d’agacement s’accumulent : inflation qui ne baisse pas, impôts qui remontent, grèves qui se profilent, et, bien sûr, l’impression que rien n’avance jamais vraiment. Le blues de septembre, c’est le moment où le moindre détail devient un prétexte à discussion : le prix du pain, la circulation en ville, l’école qui commence trop tôt, le bus qui n’attend jamais, la météo, et maintenant, la valse des gouvernements.

On pourrait se dire que tout cela n’est qu’une routine, un vieux réflexe culturel. Mais cette année, la lassitude est palpable. Même les plus optimistes semblent fatigués d’être dans le brouillard. À force de tout critiquer, on finit par ne plus voir les rares raisons de sourire, comme ce rayon de soleil qui perce entre deux nuages.

Peut-être que râler, au fond, c’est ce qui nous rassemble le plus. Le vrai lien national, ce n’est pas la baguette ou la Marseillaise, c’est ce petit moment où l’on dit “encore un gouvernement qui saute… et nous, on continue d’aller bosser comme si de rien n’était”.

Alors, si le blues de septembre a encore frappé, on peut au moins s’accorder là-dessus : la France n’a pas fini de tout critiquer, et c’est peut-être pour ça qu’elle avance, bon an mal an, malgré les annonces, les réformes, et les ministres qui se succèdent comme les feuilles mortes.

Nota Bene :

Le blues de septembre, c’est aussi ce moment où la France hésite entre râler, attendre la suite, ou inventer un nouveau refrain. Une rentrée sous le signe de la critique, en attendant la prochaine surprise.

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