Réseaux sociaux : Macron veut débrancher les ados
Il y a des phrases qui claquent comme une porte dans un couloir désert. Celle prononcée récemment par Emmanuel Macron — “interdire l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans” — fait partie de celles-là. L’annonce a immédiatement fait lever les yeux au ciel à la moitié des ados… et des parents. L’autre moitié ? Probablement déjà sur TikTok.
La proposition n’est pas neuve : plusieurs pays y songent. Mais quand c’est un président français qui le dit, entre deux réunions de crise, ça sonne autrement. Comme une injonction. Comme un “on va remettre de l’ordre, bande de jeunes déconnectés de la vraie vie”. Sauf que ce sont justement les réseaux qui les connectent entre eux, paradoxalement.
Alors bien sûr, on peut comprendre l’intention. Préserver les plus jeunes des dérives des plateformes, des algorithmes dopés au clash, du scrolling hypnotique à 2h du matin. Et puis, en filigrane, il y a cette peur parentale bien réelle : celle d’un monde numérique sans garde-fous.
Mais soyons honnêtes : qui croit vraiment qu’une interdiction par décret va empêcher un collégien dégourdi de se créer un compte Snapchat sous un faux nom ? Le décalage entre la réalité numérique des ados et la réponse politique est aussi grand qu’un filtre beauté sur une photo mal réveillée.
Et pendant ce temps-là, les réseaux restent un défouloir géant, un miroir déformant, un terrain de jeu… et parfois une soupape. Ce n’est pas le support qui est dangereux, c’est ce qu’on y laisse faire. Comme pour n’importe quel outil, c’est l’usage qui compte.
Macron veut débrancher les ados. Peut-être faudrait-il d’abord brancher les adultes sur ce que vivent vraiment leurs enfants.
Nota Bene :
Certains ados passent plus de temps avec un algorithme qu’avec leurs parents. Peut-on réparer ça avec un âge minimum, ou faut-il enfin s’interroger sur ce qu’on a laissé déléguer aux écrans ?
À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier