Citroën SM Grise
|

Citroën SM : le coupé français aux allures de Maserati

Peu de voitures incarnent à ce point l’audace et le panache français que la Citroën SM. À la croisée des chemins entre luxe, innovation et exotisme mécanique, la SM a offert au monde l’image d’une France capable de rivaliser avec l’Italie sur le terrain des GT d’exception. Présentée en 1970, elle symbolise tout un état d’esprit : celui d’un constructeur visionnaire, prêt à marier le confort Citroënà la fougue d’un moteur Maserati.
Plus qu’une prouesse technique, la Citroën SM est devenue le rêve roulant d’une génération. Son profil profilé, sa suspension hydropneumatique, sa direction ultra-moderne et son moteur italien en font un ovni sur les routes de l’époque, admirée et crainte à la fois. Comment expliquer le mythe SM, ses atouts, ses fragilités, et pourquoi elle continue aujourd’hui à faire battre le cœur des passionnés ? Plongée dans l’histoire d’une voiture unique en son genre, qui a marqué l’automobile française au fer rouge.

Crédit photo: wikipedia

Citroën SM bleue

Une Citroën d’exception née de l’audace des années 70

La fin des années 1960 est une période d’effervescence pour Citroën. Après le triomphe de la DS, la marque cherche à s’imposer dans un nouveau segment : celui du grand tourisme. L’acquisition de Maserati en 1968 va tout changer. Citroën décide de développer un coupé de prestige qui puisse rivaliser avec les meilleures GT italiennes et allemandes.
Le projet SM (pour “Série Maserati”) prend forme à vitesse grand V. Dès sa présentation au Salon de Genève 1970, la Citroën SM provoque l’admiration et la curiosité : enfin une française capable de tenir tête aux Ferrari, Jaguar ou Mercedes sur l’autobahn. Les journalistes saluent une audace mécanique rare, où la tradition du confort Citroën se conjugue à l’exotisme mécanique italien.
C’est aussi un pari risqué : la SM est chère, sophistiquée, et destinée à une élite. Mais à travers elle, Citroën affirme son ambition internationale et redéfinit l’image du savoir-faire hexagonal.

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Citroën SM

Crédit photo: lartdelautomobile

Citroën SM : un design avant-gardiste signé Robert Opron

Lignes tendues, aérodynamisme soigné, profil effilé : la Citroën SM est l’œuvre du designer Robert Opron, également auteur de la GS et de la CX. Tout dans son allure évoque la vitesse et l’audace : capot interminable, pare-brise plongeant, poupe tronquée, sans oublier la fameuse “bulle” avant qui abrite six phares carénés, dont certains pivotent en fonction de l’angle des roues.
Le travail de Citroën sur l’aérodynamique est poussé à l’extrême pour l’époque : la SM affiche un Cx de 0,26, encore impressionnant aujourd’hui.
À l’intérieur, l’ambiance tranche avec les GT classiques. On retrouve le volant monobranche Citroën, des sièges enveloppants, des compteurs ovales et une ergonomie audacieuse. C’est un salon roulant futuriste, pensé pour avaler les kilomètres dans un confort princier.
Dès le premier regard, la SM impose le respect : ni tout à fait italienne, ni vraiment française, elle invente sa propre catégorie.

Citroën SM Grise

Citroën SM : le moteur Maserati, alliance de raffinement et de fougue

Sous le capot, la Citroën SM cache sa plus grande surprise : un V6 Maserati de 2,7 litres, conçu spécifiquement pour elle. Ce bloc tout alu, à arbre à cames en tête, délivre 170 ch dans sa première version. Il est compact, léger et vif, parfaitement adapté à l’esprit Grand Tourisme.
Ce moteur italien donne à la SM des performances dignes des meilleures GT de l’époque : 220 km/h en pointe, plus de 1 000 km d’autonomie à bonne allure grâce au grand réservoir, et un agrément mécanique rare pour une voiture française.
Mais cette noblesse mécanique a un prix : entretien exigeant, refroidissement capricieux, distribution délicate. La SM demande de l’attention et un entretien suivi — c’est le revers de la médaille de son exotisme.
Pour les passionnés, ces défauts font partie de son charme. Posséder une Citroën SM, c’est aussi accepter ses caprices italiens.

Crédit photo:lartdelautomobile

Citroën SM moteur

Citroën SM : innovations et technologies en avance sur leur temps

Ce qui frappe avec la Citroën SM, c’est la somme d’innovations embarquées. À commencer par la célèbre suspension hydropneumatique, héritée de la DS, qui garantit un confort impérial quelle que soit la route.
Mais la SM va plus loin : elle inaugure la direction assistée DIRAVI, à rappel asservi, une révolution qui permet de tourner le volant du bout des doigts, même à l’arrêt.
Les freins assistés haute pression, l’éclairage directionnel et la correction automatique d’assiette placent la Citroën SM à la pointe de la technologie mondiale.
Aucune concurrente, même haut de gamme, n’offre une telle synthèse de confort, de tenue de route et de sécurité. Rouler en SM, c’est piloter le futur avec vingt ans d’avance.

Crédit photo: motorlegend

Citroën SM intérieur

Citroën SM : prestige, succès et déclin d’une icône

Pendant cinq ans, la Citroën SM va incarner le haut du pavé de l’automobile française. Elle séduit les élites, les têtes couronnées, et même le président Pompidou qui en fait sa voiture officielle. Sa silhouette se retrouve dans les magazines de mode, les concours d’élégance et les films.


Mais la réalité économique rattrape vite ce rêve : crise pétrolière, entretien coûteux, fiscalité sur les grosses cylindrées… La SM, trop sophistiquée, trop chère à produire, ne trouve pas le public de masse auquel Citroën aspirait.
En 1975, après seulement 12 920 exemplaires produits, la SM tire sa révérence. Sa carrière fut brève, mais son mythe reste intact. Elle incarne à la fois la réussite et la démesure, l’audace et la fragilité d’une époque révolue.

Crédit photo:caradisiac

Citroën SM : une star intemporelle des concours et des collectionneurs

Aujourd’hui, la Citroën SM jouit d’une aura intacte auprès des collectionneurs. Rare, complexe, mais infiniment désirable, elle figure en bonne place dans les concours d’élégance les plus prestigieux et les ventes aux enchères internationales.
Sa cote ne cesse de grimper, surtout pour les modèles bien entretenus et restaurés selon les règles de l’art. Beaucoup sont aujourd’hui choyées, bichonnées, restaurées à grands frais pour retrouver leur splendeur d’origine.
Rouler en Citroën SM, c’est afficher un certain goût pour la différence, pour l’audace technique, et pour l’histoire vivante de l’automobile française.
Son mélange unique de luxe et de folie continue de fasciner une nouvelle génération de passionnés.

Citroën SM arrière

Conclusion

La Citroën SM n’est pas seulement une prouesse technique ou un caprice de designer. C’est un symbole, un manifeste roulant de ce que la France pouvait offrir de mieux à l’époque : du confort, de la technologie, du style et une pointe de folie italienne.
Sa carrière courte n’a fait que renforcer son mythe. Aujourd’hui, elle est admirée, enviée, respectée — et, surtout, toujours aussi unique.
Une “voiture de légende” au sens le plus noble du terme : inimitable et éternelle.

Nota Bene :

La Citroën SM reste l’une des GT les plus ambitieuses jamais construites en France. Si elle a connu une carrière éclair, elle fascine toujours autant par son mélange d’audace, de technologie et de charme unique. Pour beaucoup, elle incarne le meilleur de l’esprit Citroën et le goût du risque qui fait les grandes légendes de l’automobile.

À lire aussi : La révolution de la traction avant Citroën : l’audace de 1934

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *