L’été commence, et on grille déjà comme des merguez
Il paraît qu’on entre dans l’été. Officiellement. Mais dans nos corps, c’est déjà la fin de cuisson. 42°C à l’ombre, bitume collant, cerveaux ramollis. Et pendant qu’on cherche de l’ombre sous une barquette de frites, les climatosceptiques nous chantent encore leur refrain usé : “Oh ça va, il a toujours fait chaud en juin !”
Oui, papy, mais pas comme ça. Et surtout, pas aussi souvent.
Ce qui rend la situation encore plus savoureuse — façon brochette oubliée sur le barbecue — c’est la réponse de nos gouvernants. Face à cette vague de chaleur, que font-ils ? Des annonces dignes d’un sketch. “Réduction de la vitesse dans Paris” : on roule déjà à 30 km/h, c’est quoi l’idée, passer à 10 ? Mettre les vélos en première ?
Et puis la meilleure : “fermeture d’écoles pour cause de canicule”. À trois jours des vacances. Sérieusement. On imagine bien le ministre, goutte au front, décrétant que la solution la plus logique à la surchauffe générale, c’est d’envoyer les enfants plus tôt à la maison. Là où la clim, souvent, n’existe pas.
Pendant ce temps, dans les rues, on voit des gens s’éventer avec des journaux comme en 1947. D’autres, plus téméraires, tentent encore d’aller travailler en costume, transformés en rouleaux de printemps dès 9h30. Les voitures sentent la nappe de pique-nique fondue, les sièges brûlent les cuisses et la ceinture de sécurité devient un objet contondant. C’est un festival sensoriel.
Et pourtant, certains persistent : “Faut pas exagérer, c’est l’été !” Peut-être. Mais quand l’été ressemble à un four à chaleur tournante dès le 28 juin, on a le droit de se poser une question simple : on va tenir combien de jours avant d’exploser ?
Alors oui, on peut continuer à faire semblant. À installer des brumisateurs Place de la République ou à repeindre les toits en blanc. Mais à un moment, il va falloir appeler un chat une canicule. Et une inaction gouvernementale, une blague en plein soleil.
Nota Bene
Un pays où on ferme les écoles pour 3 jours de chaleur, c’est un pays qui n’a pas vraiment prévu les 30 prochaines années. Et ceux qui n’y croient pas encore… qu’ils aillent s’asseoir sur un siège en cuir noir garé au soleil.
À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier