Un enfant remplit une bouteille d’eau au robinet de la cuisine

PFAS partout, justice nulle part ?

On les surnomme les polluants éternels, et ce n’est pas pour rien. Les PFAS, ces composés chimiques utilisés dans les mousses anti‑incendie, les revêtements anti‑adhésifs, les emballages alimentaires ou encore certains textiles, s’invitent jusque dans nos verres d’eau. Hier, la carte officielle publiée par le gouvernement a fait l’effet d’un coup de massue : la pollution de l’eau par les PFAS concerne des milliers de points de pompage, du Nord au Sud, avec des niveaux de pollution très variables.

Le plus glaçant ? Chaque point a son histoire. Ici, un fabricant d’extincteurs à mousse. Là, une usine chimique bien connue, comme Arkema, au sud de Lyon. Ailleurs, un site industriel discret mais qui a laissé s’infiltrer ces molécules invisibles dans le sol. Tout un puzzle de responsabilités, qui fait naître une évidence : on sait qui a pollué.

Alors, que fait‑on ? Les PFAS sont tenaces, presque impossibles à éliminer du sous‑sol. On peut les filtrer de l’eau avant de la distribuer, mais cela coûte une fortune. Et jusqu’à présent, ce sont surtout les collectivités et donc les contribuables qui payaient l’addition. Injuste, non ?

Imaginez un peu la scène : vous tournez votre robinet, vous buvez un verre d’eau, et derrière cette simplicité se cache une usine de traitement coûteuse pour retirer ce que d’autres ont laissé filer pendant des décennies. Et si, pour une fois, les pollueurs passaient à la caisse ? Ce serait logique, non ?

Le gouvernement semble vouloir aller dans cette direction. La carte publiée hier n’est pas seulement un aveu, c’est aussi une forme de mise en accusation publique. Les industriels sont désormais face à leurs responsabilités. Pour chaque point, on peut relier l’origine de la contamination à une activité, à un site précis. Alors pourquoi la facture continuerait‑elle de tomber dans nos boîtes aux lettres ?

Bien sûr, traiter l’eau reste possible, et c’est ce que nous ferons. Mais cette fois, l’opinion publique a un outil concret pour suivre le dossier : une carte qui raconte l’histoire de nos rivières et de nos nappes. Et quelque chose me dit que si cette carte continue à circuler, il deviendra très difficile pour les entreprises concernées de se cacher derrière des communiqués tièdes.

Alors, à quand un “pollueur‑payeur” appliqué pour de vrai ?

Nota Bene :

Les PFAS sont appelés “polluants éternels” car ils résistent à la dégradation naturelle. Cette carte officielle permet enfin d’identifier les zones les plus touchées, et les responsables potentiels derrière chaque point.

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