Ordre d’allumage 1-3-4-2 d’un moteur 4 cylindres avec position des pistons
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Ordre d’allumage : pourquoi les cylindres ne s’allument-ils pas 1-2-3-4 ?

Si les cylindres d’un moteur sont numérotés 1, 2, 3 et 4, il semblerait logique qu’ils produisent leur combustion exactement dans cet ordre. Pourtant, sur de nombreux quatre-cylindres en ligne, la séquence classique est 1-3-4-2. Cette apparente complication répond en réalité à une logique mécanique très précise.

L’ordre d’allumage dépend du cycle quatre-temps, de la conception du vilebrequin et de la nécessité de répartir régulièrement les combustions. Il ne faut surtout pas le confondre avec la numérotation des cylindres : l’une indique où se trouve un cylindre, l’autre détermine à quel moment il produit son temps moteur.

Crédit photo: Illustration ordre d’allumage des cylindres

Schéma comparant les ordres d’allumage 1-3-4-2 et 1-2-4-3 sur un moteur 4 cylindres

Ordre d’allumage : à quoi correspond exactement cette séquence ?

L’ordre d’allumage indique la succession dans laquelle les cylindres d’un moteur réalisent leur combustion. Sur un moteur quatre-temps, chaque cylindre n’effectue qu’un temps moteur tous les 720° de rotation du vilebrequin : les combustions doivent donc être réparties aussi régulièrement que possible pendant ces deux tours.


Un moteur quatre-temps enchaîne admission, compression, combustion-détente puis échappement. Le piston effectue ainsi quatre courses pendant que le vilebrequin accomplit deux rotations complètes.

Sur un quatre-cylindres dont les combustions sont régulièrement espacées, le calcul devient simple : 720° divisés par quatre donnent 180°. Tous les demi-tours de vilebrequin, un autre cylindre doit donc entrer dans son temps moteur.

Mais cette régularité ne signifie absolument pas que les cylindres doivent travailler dans l’ordre de leur numérotation. Leur position dans le cycle dépend également du vilebrequin et du calage de la distribution.

Crédit photo: Illustration allumage 1-3-4-2

Pourquoi un 4 cylindres s’allume-t-il souvent en 1-3-4-2 ?

Le classique 1-3-4-2 d’un quatre-cylindres en ligne tient compte des positions imposées par le vilebrequin tout en espaçant régulièrement les temps moteurs. Les pistons 1 et 4 montent et descendent ensemble, comme les pistons 2 et 3, mais chaque paire n’effectue pas simultanément le même temps du cycle.
C’est le détail qui permet de comprendre toute la séquence. Lorsque les pistons 1 et 4 arrivent ensemble au point mort haut, l’un peut terminer sa compression et être prêt pour la combustion tandis que l’autre termine son échappement. Un tour de vilebrequin plus tard, leurs rôles seront inversés.

Entre ces deux événements, ce sont les cylindres 2 et 3 qui atteignent à leur tour le point mort haut. Le moteur peut ainsi produire un temps moteur tous les 180°.


Le piston qui se trouve « en haut » n’est donc pas nécessairement celui qui doit s’allumer. Sa position ne suffit pas : il faut également savoir à quel temps du cycle il se trouve. Voilà pourquoi lire simplement les cylindres de gauche à droite ne permet pas de déterminer leur ordre de fonctionnement.

Ordre d’allumage 1-3-4-2 d’un moteur 4 cylindres avec position des pistons

Numéro 1, 2, 3, 4 : comment les cylindres sont-ils numérotés ?

Une autre difficulté apparaît lorsqu’on intervient réellement sur un moteur : où se trouve le cylindre numéro 1 ? Il n’existe pas une convention universelle permettant de le deviner sans connaître le moteur.
Sur certains moteurs, la numérotation commence du côté de la distribution. Sur d’autres, notamment plusieurs mécaniques françaises anciennes, le cylindre n°1 se trouve côté volant moteur. Avec un V6 ou un V8, il faut en plus savoir comment le constructeur numérote les deux bancs.

Cette distinction devient essentielle lorsqu’on remplace des fils de bougies. Connaître un ordre 1-3-4-2 ne sert à rien si l’on s’est trompé sur l’emplacement du cylindre n°1.
La documentation correspondant exactement au moteur reste donc la référence. Deux moteurs possédant le même nombre de cylindres peuvent employer des conventions de numérotation différentes.

Crédit photo: Illustration de lordre d’allumage des cylindres suivant architecture moteur

Ordres d’allumage selon l’architecture des moteurs 3, 4, 6 et 8 cylindres

Six cylindres, V8 et boxer ont-ils un autre ordre d’allumage ?

Le nombre et la disposition des cylindres modifient naturellement les possibilités. Un six-cylindres quatre-temps à combustions régulièrement espacées peut produire un temps moteur tous les 120°, tandis qu’un V8 peut descendre à 90°.
Quelques séquences permettent d’illustrer cette diversité :

  • quatre-cylindres en ligne : 1-3-4-2 est très courant ;
  • six-cylindres en ligne : 1-5-3-6-2-4 constitue un exemple classique ;
  • V6 et V8 : plusieurs séquences existent selon les constructeurs et la conception du moteur ;
  • moteurs boxer : leur architecture et leur vilebrequin conduisent également à des ordres spécifiques.

Il serait donc faux de chercher « l’ordre d’allumage d’un V8 » comme s’il en existait un seul. Deux V8 peuvent employer des séquences différentes tout en conservant des combustions régulièrement espacées.

Le choix peut également jouer sur les vibrations, les contraintes exercées sur le vilebrequin et, selon l’architecture et l’échappement, participer au caractère sonore particulier d’un moteur.

Crédit photo: Numerotation et ordre d’allumage Chevrolet

Schéma de numérotation des cylindres et des ordres d’allumage de différents moteurs Chevrolet

Que devient l’ordre d’allumage avec l’allumage électronique moderne ?

Sur une voiture ancienne équipée d’un allumeur, la séquence est presque visible. Le rotor tourne à l’intérieur de la tête d’allumeur et distribue successivement la haute tension aux bougies par leurs fils. Brancher ces derniers dans le mauvais ordre revient donc à envoyer l’étincelle au mauvais cylindre.
L’électronique a progressivement fait disparaître ce dispositif. Les moteurs modernes utilisent des capteurs pour connaître précisément la position du vilebrequin et des arbres à cames. Le calculateur détermine alors le moment de l’allumage et commande les bobines, souvent directement installées sur chaque bougie.
L’ordre d’allumage n’a donc pas disparu : il est simplement devenu invisible pour l’automobiliste. Certains moteurs ont également utilisé un système à étincelle perdue, dans lequel une bobine dessert deux cylindres et produit simultanément une étincelle dans chacun, l’une des deux n’ayant alors aucun rôle moteur.
Le principe fondamental reste néanmoins identique : chaque combustion doit intervenir dans le bon cylindre et exactement au bon moment.

Crédit photo: Inversion des fils d’allumage

Que se passe-t-il lorsque l’ordre d’allumage est mauvais ?

Sur un moteur ancien, l’erreur classique survient après le démontage des fils de bougies. Deux fils inversés peuvent suffire à provoquer des ratés importants, des vibrations, des pétarades, une forte perte de puissance ou même l’impossibilité de démarrer. La raison est simple : l’étincelle arrive dans un cylindre qui n’est pas au bon moment de sa compression. La combustion attendue ne peut donc pas se produire normalement.


Sur un moteur moderne à bobines individuelles, l’automobiliste ne peut généralement plus modifier accidentellement la séquence aussi facilement. Le calculateur commande l’allumage selon les informations fournies par les capteurs et la cartographie moteur. Une panne de bobine ou de capteur peut provoquer des ratés, mais ce n’est pas pour autant un « changement d’ordre d’allumage ».


Lors d’une intervention sur un moteur ancien, la bonne méthode consiste donc à identifier précisément le moteur, vérifier sa numérotation des cylindres puis consulter son ordre d’allumage, plutôt que d’appliquer automatiquement le fameux 1-3-4-2.

Tête d’allumeur avec fils de bougies repérés selon l’ordre d’allumage des cylindres

Conclusion

L’ordre 1-3-4-2 n’est ni une fantaisie de motoriste ni une convention destinée à compliquer l’entretien. Sur un quatre-cylindres en ligne classique, il résulte de la succession des quatre temps, de la position des pistons et de la conception du vilebrequin, tout en permettant de répartir régulièrement les combustions.
La distinction essentielle est finalement très simple : le numéro d’un cylindre indique lequel il est ; sa place dans l’ordre d’allumage indique quand il doit travailler. Une fois cette différence comprise, le mystérieux 1-3-4-2 devient beaucoup plus logique.

Nota Bene :

qu’il soit commandé par un allumeur mécanique ou par un calculateur moderne, l’allumage reste étroitement lié au vilebrequin, aux bougies et au rythme des combustions qui permet au moteur de fonctionner régulièrement.

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