À 30 km/h, t’appelles encore ça une voiture ?
C’est la nouvelle norme : partout, la zone 30 s’étale. Les centres-villes, les avenues, les faubourgs. Parfois même des boulevards à deux voies, où autrefois on osait une quatrième. Aujourd’hui ? Tu poses le pied sur l’accélérateur et t’as déjà un radar qui te cligne de l’œil.
On te parle de mobilité apaisée, de vivre-ensemble, de douceur urbaine. Ok. Mais à ce rythme-là, même un vélo de facteur des années 60 te dépose au feu rouge. C’est plus une voiture, c’est une déambulation motorisée.
Et qu’on ne vienne pas nous jouer la partition de l’écologie à tout prix. Parce que non, un SUV de deux tonnes qui roule à 30 km/h en deuxième, ça ne sauve pas la planète. Et non, le gars en Peugeot 205 qui cale trois fois dans la rue des Lilas, c’est pas un danger public, c’est juste en galère de régime moteur.
Avant, tu roulais à 50 km/h en troisième, aujourd’hui tu roules à 30 km/h en seconde. Le régime moteur reste proche, donc la consommation — et la pollution — ne baisse pas.
Mais comme tu mets presque deux fois plus de temps pour faire la même distance, tu pollues finalement deux fois plus… pour aller au même endroit.
En fait, on fait semblant de moderniser la ville… en empêchant les gens de l’habiter. On ralentit tout, partout, tout le temps. Et tant pis si ta voiture est faite pour l’autoroute, elle finira sa carrière au pas, entre deux dos d’âne, derrière une trottinette mal garée.
Ce n’est plus de la régulation, c’est de la pénalisation molle. On bride, on frustre, on culpabilise. Résultat : la voiture devient une carcasse mobile de frustrations. Ce n’est pas tant qu’on ne peut plus rouler. C’est qu’on n’a même plus le droit d’avancer.
Alors oui, on veut bien partager l’espace public. Mais à 30 km/h sur un boulevard vide à 6h45 du mat’, tu partages avec qui, en fait ? Les pigeons ?
Nota Bene :
À force de vouloir tout ralentir, on transforme la voiture en meuble roulant. La ville devient une scène de théâtre immobile, où chacun avance à petits pas… en espérant ne pas heurter la morale du jour.
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