La vraie nouvelle année commence-t-elle finalement en septembre ?
Officiellement, la nouvelle année commence le 1er janvier. On change de calendrier, on se souhaite une bonne année, on prend quelques résolutions et, après quelques jours de fêtes, la vie reprend à peu près là où elle s’était arrêtée. Pourtant, lorsqu’on observe ce qui se passe réellement dans nos vies, la rentrée de septembre ressemble parfois beaucoup plus à un nouveau départ.
Demain matin, des millions d’enfants vont reprendre le chemin de l’école. Pour certains, ce sera une nouvelle classe, pour d’autres un nouvel établissement, de nouveaux professeurs, de nouveaux camarades et parfois même une première séparation avec les parents. Difficile de trouver autant de bouleversements un 2 janvier.
Et pour les parents, la rentrée n’est pas beaucoup plus tranquille. Il faut réorganiser les horaires, reprendre les trajets vers l’école, caser les activités sportives, vérifier les emplois du temps, anticiper les repas, les devoirs et les rendez-vous. Toute l’organisation familiale retrouve brutalement un rythme qu’elle avait en partie abandonné pendant l’été.
En janvier, les enfants retournent généralement dans la même classe avec les mêmes enseignants et le même emploi du temps. En septembre, une nouvelle année commence réellement pour eux, et par ricochet pour toute la famille. Mais ce phénomène dépasse largement l’école.
Le monde du travail fonctionne lui aussi beaucoup au rythme de septembre. Les collègues reviennent de vacances, les réunions reprennent, les projets mis en sommeil pendant l’été redémarrent et de nouveaux objectifs apparaissent. Même lorsqu’on n’a plus d’enfant scolarisé depuis longtemps, il est difficile d’échapper complètement à cette impression de reprise générale.
La télévision fait sa rentrée. Les activités sportives et culturelles recommencent. La vie politique repart. Les associations ouvrent leurs inscriptions. Les salles de sport voient revenir ceux qui avaient décidé de reprendre « sérieusement en septembre ». Car septembre possède même ses propres bonnes résolutions.
Se remettre au sport, mieux s’organiser, manger différemment, commencer une activité, ranger la maison ou enfin lancer ce projet repoussé depuis des mois : les intentions de rentrée ressemblent étrangement à celles du Nouvel An. Avec peut-être une différence importante : septembre arrive après une véritable rupture dans nos habitudes.
Les vacances d’été modifient les horaires, les déplacements, les fréquentations et parfois même notre manière de vivre. Le retour crée donc une frontière beaucoup plus nette entre un avant et un après. Le 1er janvier, en revanche, nous nous réveillons généralement dans la même maison, avec le même travail qui nous attend et des habitudes qui n’ont été interrompues que quelques jours.
Il existe probablement aussi une raison plus profonde à cette sensation. Pendant toute notre enfance, septembre a réellement représenté le commencement d’une nouvelle année. Chaque rentrée apportait quelque chose de nouveau. Une classe supérieure, un professeur différent, parfois une nouvelle école. Notre vie était découpée en années scolaires beaucoup plus qu’en années civiles. Cette empreinte reste peut-être en nous bien après avoir quitté l’école.
On peut avoir 30, 50 ou 70 ans et continuer à ressentir septembre comme le moment où les choses recommencent. Les journées raccourcissent, les vacances se terminent, les agendas se remplissent et les projets repartent. Janvier conserve évidemment son privilège officiel. Il possède les cotillons, le champagne, les douze coups de minuit et le changement de millésime. Mais septembre possède quelque chose de beaucoup plus concret : il change réellement notre rythme de vie.
Finalement, le calendrier affirme que l’année commence en janvier. Notre vieille horloge intérieure, réglée depuis l’école primaire, semble parfois avoir conservé une tout autre opinion.
Nota Bene :
Les bonnes résolutions de septembre ont au moins un avantage sur celles du 1er janvier : personne n’a encore inventé la tradition consistant à les prendre à minuit après une coupe de champagne.
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