Un radar à 100 000 € : le nouveau jackpot de l’État ?
100 000 euros. C’est le prix unitaire des nouveaux radars tourelles que l’État installe à tour de bras. Oui, cent mille. Le prix d’un appartement en province. Ou d’une Porsche d’occasion. Pour un mât gris qui flashe des conducteurs souvent à 4 km/h au-dessus de la limite pondérée.
Alors bien sûr, on nous parle de sécurité. On nous répète que « chaque vie sauvée n’a pas de prix ». Mais si elle en a un : 100 000 balles pièce, installés sur des routes parfois défoncées, sans peinture, sans entretien. Des routes où le danger vient plus du bitume lunaire que de celui qui roule à 94 au lieu de 90.
Et puis, il y a ce petit goût amer. Celui de l’optimisation fiscale façon radar. Car ces nouvelles machines ne se contentent pas de flasher. Elles analysent les plaques, scannent les assurances, lisent les lignes blanches, repèrent les téléphones à la main. De véritables perceptrices connectées, prêtes à remplir les caisses de l’État pendant que les pompiers manquent de moyens et que les hôpitaux ferment des lits.
À ce prix-là, ce n’est plus un investissement : c’est une rente. Qui peut encore croire qu’il s’agit uniquement de sécurité routière ? Qui peut encore penser que le but est de nous protéger… et non de nous surveiller ?
Comme un radar en plein désert, ce choix budgétaire clignote dans le vide. Il capte l’attention, déclenche la colère, mais laisse une question suspendue, comme un airbag qui ne se déclenche jamais :
et si tout ça n’était qu’une gigantesque pompe à fric bien déguisée ?
Nota Bene :
Une machine qui coûte le prix d’un studio parisien… pour attraper un excès de 4 km/h. Ça, c’est ce qu’on appelle viser haut. Et toucher bas.
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