Scène de l’Eurovision avec éclairages violets, lasers et public de dos

Qui regarde encore l’Eurovision (et pourquoi c’est flippant)

L’Eurovision vient d’avoir lieu. Encore une fois. Et encore une fois, France 2 va battre des records : en général plus de 7 millions de téléspectateurs au pic de la soirée. Sérieusement ?
Qui regarde encore ça ? Qui supporte encore cette avalanche de chansons mal écrites, de costumes fluo, de chorégraphies sous acide et de commentaires poussifs entre deux blagues recyclées de Stéphane Bern et Laurence Boccolini ? Apparemment… plein de monde. Et c’est bien ça le plus inquiétant.

Chaque année, on croit que le concours a touché le fond. Chaque année, il creuse. On assiste à une cérémonie où le kitsch n’est plus une exception mais une ligne éditoriale. Où l’on envoie des chanteurs en plastique crier sur des beats Eurodance de 2003, pendant qu’un public hypnotisé par les projecteurs agite des drapeaux comme si l’avenir de l’Europe en dépendait. Spoiler : non.

Le pire, c’est qu’il ne s’agit même plus de musique. L’Eurovision est devenu une sorte de rituel télévisuel auto-parodique. Une messe pop où tout le monde sait que c’est absurde… mais tout le monde regarde quand même. Comme un mariage auquel on n’a pas envie d’aller mais qu’on suit pour voir si la robe de la mariée va prendre feu.

Et France 2 en rajoute une couche : diffusion en grande pompe, commentaires en direct, blagues dignes d’une colo en 1997. Mention spéciale à Boccolini qui semble constamment se demander ce qu’elle fait là. Nous aussi, Laurence, nous aussi.

Alors, qui regarde encore l’Eurovision ? La réponse est simple : des millions de gens. Mais peut-être pas pour les bonnes raisons. C’est devenu un monument de malaise collectif, une soirée à mi-chemin entre le karaoké apocalyptique et la téléréalité géopolitique. Et quelque part, ça dit quelque chose de nous.

Nota Bene

L’Eurovision n’a peut-être plus rien de musical, mais elle reste une anomalie fascinante. Un spectacle où le mauvais goût devient fédérateur. Finalement, c’est peut-être ça la vraie victoire de l’Europe.

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