Mine propre, écolo content : bienvenue dans l’absurdité européenne
Une mine propre. Voilà le nouveau rêve mouillé de Bruxelles.
On veut du lithium, du cobalt, du nickel, mais on ne veut surtout pas salir ses petits doigts. Pas d’engins bruyants, pas de camions poussiéreux, pas de protestations d’écolos — ah si pardon, juste assez pour ne pas froisser le vote vert. Et côté souveraineté, on sort les grands mots : relocaliser, sécuriser, verdir. Une belle salade… sans assaisonnement.
Pendant ce temps, la Chine extrait à tour de bras, le Chili racle son sel, et la RDC continue de creuser à mains nues pendant qu’on s’envoie des PowerPoint sur le « développement minier inclusif et durable ».
Traduction : on veut des batteries pour nos voitures électriques, mais pas la mine qui va avec. C’est comme exiger un steak sans abattage. Ou des œufs pondus sans poules.
Bien sûr, il y a des ressources en Europe. Le Portugal regorge de lithium, la Serbie aussi. Même la Bretagne en planque un peu. Mais à chaque tentative d’ouverture de site, ça bloque : manifs, recours juridiques, pressions locales, ONG aux aguets. Et hop, on remballe le projet jusqu’au prochain sommet européen.
Faut dire que ça fait désordre dans la carte postale verte. Une mine, c’est sale, ça sent fort, et ça ne fait pas rêver dans les clips de campagne. Alors on préfère les “plans stratégiques”, les “alliances industrielles”, les “circuits courts décarbonés”… sans jamais poser la pelle sur le sol.
Et pendant qu’on tergiverse, le marché nous glisse entre les doigts. Tesla négocie directement avec les mines. BYD construit ses propres raffineries. Et nous ? On consulte, on projette, on régule. L’archétype du “on pense donc on freine”.
À force, on aura peut-être un label : “batterie garantie sans mine européenne”. De quoi faire plaisir à tout le monde, sauf à ceux qui auraient aimé une vraie indépendance industrielle.
Mais après tout, qui a besoin de cohérence quand on a un bon storytelling et des filtres verts sur les photos officielles ?
Nota Bene :
Vouloir une mine propre, c’est comme exiger que la boue sente la lavande. Tant qu’on confondra écologie avec cosmétique, nos voitures rouleront au mensonge, pas au kilowatt.
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