Lancia Montecarlo remise à la mode avec son restomod 037

Lancia Montecarlo : la légende italienne oubliée

Dans les années 70, l’automobile italienne rayonne. Ferrari brille en Formule 1, Lamborghini joue la provocation avec ses lignes futuristes, et Lancia aligne des titres en rallye. C’est dans ce contexte brûlant qu’apparaît la Lancia Montecarlo, un coupé sportif aussi discret que fascinant. Née sous le nom de Fiat, redessinée par Pininfarina, taillée pour la route comme pour la piste… et pourtant tombée dans l’oubli. Retour sur une voiture qui mériterait bien une deuxième vie.

Crédit photo: tumblr Projet Fiat X1/8

prototype de la future Lancia Montecarlo encore chet Fiat sous le code Fiat X1/8

Une naissance mouvementée : du projet Fiat à la Lancia Montecarlo

Tout commence sous le nom de code Fiat X1/8 puis X1/20. Fiat cherche à concevoir un coupé sportif à moteur central arrière, plus sérieux que la X1/9. Le design est confié à Pininfarina, avec comme objectif un véhicule compact, nerveux, moderne.

Mais Fiat se ravise. Préférant laisser les projets les plus ambitieux à ses marques satellites, le projet est finalement confié à Lancia, qui s’en empare et le rebaptise Montecarlo en hommage à la course mythique. Le nom claque, et la silhouette séduit déjà.

C’est un repositionnement stratégique qui changera tout : Fiat voulait une voiture de niche, Lancia en fera une voiture-image, vitrine technologique… mais à diffusion limitée.

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Lancia Montecarlo.

Crédit photo: Photo d’illustration Lancia Montecarlo roulante

Un design signé Pininfarina, pur jus italien

Avec ses proportions ramassées, son long capot plongeant et son toit noir tendu comme un arc, la Montecarlo en impose. On dirait un concept-car homologué pour la route.

Pininfarina signe là un coupé parfaitement équilibré, à la fois musclé et fluide, sans surcharge. La vue de trois quarts arrière est tout simplement superbe. À l’arrêt, elle semble prête à bondir.

On retrouve dans ses lignes l’élégance italienne de l’époque, cette façon inimitable de faire rimer agressivité avec raffinement, comme un tailleur sur mesure prêt à courir un 100 mètres.

Lancia Montecarlo en mouvement, coupé sportif italien à moteur central

Fiche technique : légère, nerveuse, pleine de caractère

Sous son capot arrière, la Lancia Montecarlo embarque un bloc 2.0 litres 4 cylindres de 120 chevaux. Pas de quoi affoler une Porsche, mais le poids plume (environ 970 kg) compense largement. Accouplée à une boîte manuelle à 5 rapports, elle offre des relances vives, une agilité bluffante, et une bande-son bien rauque.
Avec son moteur central, son châssis rigide et ses suspensions affûtées, la Montecarlo est un vrai jouet pour la route. On a la sensation de piloter une voiture de course habillée en coupé élégant, prête à bondir au moindre virage.
Son comportement en virage est intuitif, parfois joueur, et donne l’impression de conduire collé à la route, presque comme dans un kart carrossé par un styliste de la Scala.

Crédit photo: montesquieuvolvestre

Lancia Montecarlo verion équipée pour la piste

Une Lancia Montecarlo née pour la course

La route, oui. Mais la piste surtout. La Montecarlo donnera naissance à une machine de guerre : la Lancia Beta Montecarlo Turbo, développée pour les groupes 5 et 6. Avec ses ailes élargies, ses énormes prises d’air et son turbo grondant, elle deviendra une terreur en endurance.

Résultat : deux titres consécutifs de championne du monde des constructeurs en 1980 et 1981. Ce que peu savent, c’est que cette voiture, victorieuse au Mans ou à Silverstone, dérive directement du coupé routier méconnu.

Cette réussite sportive donnera même à Lancia l’élan nécessaire pour préparer la suite… une certaine 037, qui deviendra championne du monde en rallye à son tour. Le début d’une dynastie.

Crédit photo: Photo d’illustration de l’intérieur

Intérieur de la Lancia Montecarlo, cockpit italien sobre et orienté conducteur

Un modèle rare, parfois mal compris

Tout n’a pas été rose pour la Montecarlo. Les premiers modèles souffraient d’un blocage prématuré des freins avant. Un rappel sera lancé, et la production suspendue entre 1978 et 1980.

Mais le mal est fait. La Montecarlo reste dans un entre-deux. Trop sportive pour être une GT, pas assez radicale pour les puristes. Et puis, à l’époque, Lancia n’a plus la visibilité de Ferrari ou d’Alfa Romeo.

Ajoutez à cela une finition parfois critiquée et un positionnement flou, et vous obtenez une voiture incomprise, que les années ont injustement reléguée dans les marges de l’histoire auto.

Crédit photo: Photod’illustration du moteur de la Montecarlo

Côte actuelle, rareté, et regain d’intérêt

Aujourd’hui, la Lancia Montecarlo commence à sortir de l’ombre. Les amateurs de youngtimers redécouvrent sa ligne racée, son histoire atypique, son comportement vif et joueur. Et les collectionneurs savent qu’elle ne restera pas sous-cotée longtemps.
Comptez entre 20 000 et 35 000 € pour un bel exemplaire. Un prix encore accessible pour une italienne au pedigree aussi unique.
La preuve ? La société italienne Kimera Automobili rencontre un véritable succès avec sa Kimera EVO37 EVO38 et K039, une recréation moderne de la Lancia 037 Groupe B… basée, justement, sur une Montecarlo d’époque. Preuve que cette base technique a encore de beaux jours devant elle.
Comme souvent, il faut attendre que les passions se taisent pour entendre les vraies voix de l’automobile. La Montecarlo, elle, commence enfin à parler. Avec son moteur central arrière et son équilibre châssis très moderne pour l’époque, la Lancia Montecarlo annonçait déjà la philosophie des sportives italiennes à venir. Une voiture de collection à redécouvrir aujourd’hui, loin des projecteurs mais toujours aussi fascinante à conduire et à observer.

Moteur central de la Lancia Montecarlo, quatre cylindres transversal des années 70

Conclusion

Oubliée du grand public, mais respectée par les connaisseurs, la Lancia Montecarlo est une pièce fascinante de l’histoire automobile. À la croisée des mondes entre route et course, élégance et radicalité, elle incarne à merveille cette époque bénie où l’on osait encore sortir des sentiers battus. Une voiture qu’on n’achète pas pour briller, mais pour rouler avec le sourire. Et peut-être, en secret, pour posséder un bout de l’histoire d’un constructeur qui n’a jamais fait les choses comme les autres.
Aujourd’hui encore, la Lancia Montecarlo intrigue par son équilibre et son héritage discret, à mi-chemin entre route et compétition.

Nota Bene:

Avec son moteur central, ses lignes signées Pininfarina et son palmarès en course, la Montecarlo a tout d’une grande. Mais comme souvent, les vraies légendes ne font pas toujours les gros titres. À force de rester dans l’ombre, elle en est devenue lumineuse.

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