Kim Jong-un, dirigeant de la Corée du Nord, lors d'une conférence officielle

Kim Jong-un : incapable de nourrir son peuple, mais prompt à faire la morale

On a tout vu, mais celle-là, elle mérite un podium. Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient, une nouvelle fois, de donner son avis sur les affaires du monde. Comme s’il était à la tête d’un pays florissant, prospère, démocratique. Comme si sa voix pesait autrement qu’à coups de missiles et de menaces. Le plus absurde ? Certains médias reprennent ses propos, comme s’ils étaient légitimes. Comme si l’homme qui affame son peuple avait quelque chose à apprendre à ceux qui l’écoutent.

La Corée du Nord est un État famélique, figé dans un culte de la personnalité hors du temps. Une économie à genoux, une population sous surveillance permanente, une agriculture incapable d’assurer l’autosuffisance. Et malgré tout, voilà son chef qui s’autorise des leçons de morale à la France, aux États-Unis, à l’ONU… à peu près à tout ce qui respire ailleurs qu’à Pyongyang.

Mais pourquoi cette mise en scène continue ? Parce que la bombe nucléaire, c’est son joker. Le seul. L’arme qui transforme ce nain diplomatique en épouvantail mondial. Il a retenu la leçon : Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi n’avaient pas la bombe, et ils ont fini au fond d’un trou ou d’un fossé. Kim, lui, s’est construit une assurance-vie radioactive.

Il y a quelque chose de presque comique — si ce n’était pas tragique — dans cette posture d’homme d’État sans État. Comme si un capitaine de pédalo se mêlait d’une réunion de l’OTAN. C’est grotesque, mais ça marche. Il sait que chaque déclaration outrancière est reprise, analysée, discutée. Il provoque pour exister. Et pendant ce temps-là, son peuple crève en silence.

Comment peut-on encore accorder une tribune à un dictateur qui n’offre ni liberté, ni pain, ni vérité à son pays ? C’est un peu comme confier un discours sur l’hygiène à quelqu’un qui ne se lave jamais.

Nota Bene

Dans un monde saturé d’informations, les provocateurs deviennent des stars à défaut d’être crédibles. Et pendant qu’on écoute un dictateur affamé donner des leçons, ceux qui ont vraiment faim ne disent rien — ils survivent.

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