Israël à l’Eurovision et l’UEFA : mais que fait ce pays en Europe ?
Chaque année, c’est la même surprise – ou la même incompréhension. Qu’il s’agisse de l’Eurovision, du football, du basket ou même du volley, on retrouve Israël en compétition… européenne. Oui, Israël, ce petit pays du Proche-Orient, joue contre la France, l’Allemagne ou l’Italie comme si de rien n’était, alors qu’il est bel et bien situé en Asie.
Et cette question, qui traîne dans l’esprit de beaucoup : “Mais que fait Israël en Europe ?” Et pourquoi d’autres pays, dans la même situation géographique, n’ont pas le même privilège ?
Au fil des années, la justification officielle est devenue un refrain : “Israël ne peut pas jouer en Asie, pour des raisons politiques et de sécurité.” Effectivement, depuis les années 70, la plupart des pays arabes et voisins asiatiques refusent d’affronter Israël en sport. Pour éviter le blocage, les fédérations européennes ont “adopté” Israël, qui se retrouve ainsi à jouer en UEFA, à participer à l’Eurovision, et à défier des pays qui, eux, sont européens… pour de bon.
Mais cette exception commence à interroger sérieusement, surtout en ce moment, alors que la situation à Gaza provoque des appels au boycott et une indignation croissante. Plusieurs artistes et personnalités demandent à ce qu’Israël soit exclu de l’Eurovision 2025, et certains pays envisagent même de boycotter la compétition si rien ne change.
Dans le football aussi, la polémique enfle : pourquoi Israël aurait-il le droit de jouer en Europe alors que d’autres nations sont cantonnées à leur confédération régionale ?
Au fond, la question va bien au-delà du sport ou de la chanson : quelles sont les vraies règles du jeu ? L’Europe est-elle un espace ouvert… ou un club où l’on fait des exceptions à la carte, selon la conjoncture politique du moment ? Est-ce encore crédible, à l’heure où l’on parle d’égalité, de fair-play, et où l’exigence d’un minimum de cohérence n’a jamais été aussi forte ?
Ce qui est sûr, c’est que l’exception israélienne, tolérée (voire encouragée) depuis des décennies, choque de plus en plus. À force de tirer sur la corde, ne risque-t-on pas de voir apparaître de nouveaux cas similaires, ou au contraire, de renforcer le sentiment d’injustice et de “deux poids deux mesures” déjà bien ancré dans l’opinion ?
Après tout, si les compétitions européennes sont réservées aux pays européens, pourquoi cette règle ne s’appliquerait-elle pas à tout le monde ? Où s’arrête l’Europe ? Et jusqu’où ira-t-on dans les compromis ?
Nota Bene :
L’exception israélienne dans les compétitions européennes révèle les paradoxes et les ambiguïtés du système : entre politique, sport et show, la frontière n’a jamais été aussi floue… et la question reste posée.
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