Histoire Iso rivolta Grifo GL 1968
|

Histoire d’Iso Rivolta : Du scooter aux GT italiennes de prestige

L’histoire d’Iso Rivolta illustre à merveille la capacité italienne à se réinventer. De la fabrication de réfrigérateurs à la production de scooters, puis de microcars, l’entreprise de Renzo Rivolta a osé un pari audacieux : entrer dans l’univers fermé des GT de luxe et rivaliser avec Ferrari, Maserati et Aston Martin. Un pari relevé grâce à un savant mélange de design italien et de mécanique américaine, qui donnera naissance à des modèles devenus cultes.

Crédit photo:gazoline Iso Rivolta Isetta

Histoire Iso rivolta modèle Isetta

Des congélateurs aux scooters et microcars

L’aventure commence en 1939 avec Iso Thermo, spécialisée dans les réfrigérateurs industriels. Après la guerre, l’Italie est en pleine reconstruction et la voiture reste un luxe inaccessible pour la majorité. Renzo Rivolta saisit l’opportunité d’un marché en plein essor : la mobilité légère. Dès 1949, il lance une gamme de scooters et de petits triporteurs utilitaires, robustes et économiques.
En 1953, Iso dévoile l’Isetta, une microcar à trois roues (puis quatre), reconnaissable à sa forme ovoïde et sa porte frontale. Abordable et étonnamment spacieuse pour sa taille, l’Isetta séduit les citadins à la recherche d’un moyen de transport pratique.

Crédit photo: magazine-interencheres Iso Rivolta 300 GT 1965

L’Isetta et l’aventure BMW

L’Isetta connaît un succès correct en Italie, mais c’est à l’étranger qu’elle va connaître la gloire. Iso vend la licence à plusieurs pays, dont la France (Vélozette) et surtout l’Allemagne, où BMW en fait un phénomène. Produite dès 1955 à Munich, la BMW Isetta sauve le constructeur bavarois de la faillite et s’écoule à plus de 160 000 exemplaires.
Pour Iso, c’est une victoire industrielle et financière. Pourtant, Renzo Rivolta sait que la vague des microcars ne durera pas. L’arrivée de la Fiat 500 et des petites berlines populaires va rendre ce segment moins attractif. Il décide donc de préparer un virage stratégique vers le haut de gamme.

Histoire Iso rivolta modèle 300 GT 1965

Le virage vers les GT de luxe

Au début des années 60, Rivolta ambitionne de créer une voiture capable de rivaliser avec les grands noms du Grand Tourisme. Il veut un véhicule confortable, élégant, rapide, mais aussi fiable et facile à entretenir.
Pour atteindre cet objectif, il réunit une équipe de talents : Giorgetto Giugiaro, jeune designer prometteur chez Bertone, pour le style, et Giotto Bizzarrini, ingénieur ayant travaillé sur la Ferrari 250 GTO, pour la technique. La stratégie est claire : associer un châssis et un design italiens à une mécanique américaine robuste, en l’occurrence les V8 Chevrolet utilisés sur la Corvette.

Crédit photo: classic-trader Iso Rivolta Grifo GL 1968

Histoire Iso rivolta modèle Grifo GL 1968

Iso Rivolta GT et Grifo : l’apogée

Présentée au Salon de Turin en 1962, la Iso Rivolta 300 GT impressionne par sa ligne sobre et élégante, sa suspension indépendante et ses freins à disque aux quatre roues. Son V8 de 5,3 litres délivre plus de 300 ch, permettant plus de 200 km/h en vitesse de pointe. Confortable et fiable, elle séduit rapidement une clientèle internationale.
En 1965, la marque dévoile la Grifo, plus basse, plus agressive et résolument sportive. Elle reçoit des V8 Chevrolet de plus en plus puissants, culminant avec la 7 Litri et ses 300 km/h. La Grifo devient un symbole de puissance maîtrisée, capable de rivaliser avec les Ferrari Daytona et Lamborghini Miura tout en coûtant moins cher à entretenir.
Au même moment, le succès de la Grifo inspire d’autres aventuriers italiens. C’est ainsi qu’Alejandro de Tomaso, fasciné par l’alliance du style latin et de la puissance américaine, présente la Mangusta en 1967. Plus radicale, dotée d’un design signé Giugiaro et d’un V8 Ford, la Mangusta s’inscrit dans la lignée des “supercars” italo-américaines, prêtant main forte à la vague de GT survitaminées nées de la recette Iso.

Crédit photo:absolutlycars Iso Rivolta A3C

Histoire Iso rivolta modèle A3C

Compétition et diversification

L’ADN sportif de la marque s’exprime aussi sur les circuits. Sous l’impulsion de Bizzarrini, Iso développe l’A3/C, un coupé léger et aérodynamique conçu pour les 24 Heures du Mans. La voiture se distingue par son moteur reculé en position centrale avant et sa carrosserie rivetée, gage de légèreté.
Des tensions internes conduisent Bizzarrini à quitter Iso et à poursuivre le projet sous son nom. Iso, de son côté, se concentre sur ses modèles routiers et lance la Lele en 1969, un coupé 2+2 plus luxueux, destiné à élargir la clientèle. Mais l’élégante Lele arrive au moment où les chocs pétroliers font chuter les ventes de voitures puissantes.

Crédit photo:retromecanic Iso Rivolta Lele

Déclin et héritage

Renzo Rivolta meurt prématurément en 1966, laissant son fils Piero aux commandes. Malgré quelques succès commerciaux, la crise énergétique de 1973 et la concurrence accrue fragilisent la marque. En 1974, Iso arrête la production automobile.
Aujourd’hui, les modèles Iso sont recherchés par les collectionneurs : une Grifo bien conservée dépasse régulièrement le million d’euros en vente aux enchères. L’Isetta, quant à elle, reste une icône populaire, symbole d’une époque inventive. Le nom Iso Rivolta a même ressurgi dans des concepts modernes, comme la Vision Gran Turismo, prouvant que son héritage reste vivant.

Histoire Iso rivolta modèle Lele

Conclusion

L’histoire d’Iso Rivolta est celle d’une marque capable de se réinventer pour répondre aux évolutions du marché. En moins de trente ans, elle est passée du réfrigérateur à la supercar, avec une audace et une maîtrise technique qui forcent le respect. Si sa carrière fut courte, son influence reste tangible, tant sur les passionnés que sur les constructeurs qui ont repris son idée de marier élégance italienne et puissance américaine.

Nota Bene

Iso Rivolta incarne l’esprit d’innovation italien : partir d’un produit utilitaire et, par étapes, atteindre l’excellence automobile. Ses voitures continuent de fasciner par leur style intemporel et leur mécanique indestructible, rappelant qu’en automobile, les plus belles histoires sont souvent celles des outsiders ambitieux.

À lire aussi : L’histoire de Maserati : du garage familial au trident mythique

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *