BMW M5 Touring : des ventes qui dépassent toutes les attentes
Alors qu’elle était annoncée comme un modèle de niche, la BMW M5 Touring surprend tout le monde, y compris ses propres concepteurs. Malgré un tarif de base vertigineux — 166 000 € hors options, plus 70 000 € de malus écologique en France — la nouvelle M5 break connaît un succès commercial inattendu. À l’opposé, le mastodonte BMW XM, pourtant vanté comme le SUV M du futur, peine à convaincre. Le contraste est frappant, et l’arrêt de production de la RS6 Avant chez Audi n’a fait qu’accentuer la tendance en faveur de cette M5 Touring à contre-courant. En 2025, il semble qu’une certaine idée de la sportivité — élégante, familiale, performante — retrouve des lettres de noblesse.
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Une surprise venue d’un break
La M5 Touring n’a jamais été le modèle le plus emblématique de la gamme BMW. Avec seulement deux générations précédentes (E34 et E61), elle a toujours occupé une place marginale face à la version berline. Pourtant, cette fois-ci, le constructeur bavarois a soigné son entrée : lignes épurées, équilibre visuel parfait, et des proportions musclées sans excès. L’esthétique séduit autant les puristes que les nouveaux venus, grâce à un subtil mélange de tradition et de modernité. À cela s’ajoute une présentation intérieure de très haut niveau, une configuration technique ambitieuse, et la promesse d’une conduite aussi confortable que radicale. Résultat : les carnets de commandes explosent, y compris en France malgré un malus qui ferait reculer plus d’un acheteur rationnel. La M5 Touring s’impose comme un choix du cœur… et de raison pour ceux qui en ont les moyens.
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Un tarif élitiste, un engouement populaire
Proposée à 166 000 € en prix de base, la M5 Touring frôle les 250 000 € en France, une fois équipée, malus inclus. Et pourtant, elle séduit. Pourquoi ? Parce qu’elle coche toutes les cases du fantasme automobile moderne : polyvalente, surpuissante, raffinée, exigeante, mais sans ostentation excessive. Sous le capot, un V8 hybride délivrant plus de 700 chevaux, capable d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes. Le break devient missile sol-sol, sans renier le confort quotidien. Elle parle à une clientèle lassée des SUV-mammouths sans âme. Elle évoque la passion, l’héritage, la maîtrise technique. Le prix ? Il devient presque secondaire, face à l’objet. Et ce paradoxe, celui d’une voiture invendable sur le papier mais désirable dans l’absolu, fait toute la magie de la M5 Touring.
Crédit photo: BMW
BMW M5 Touring vs XM : deux philosophies, deux destins
Le BMW XM, présenté comme le porte-étendard du département Motorsport, incarne l’inverse. Plus lourd qu’un tank (2,7 tonnes à vide), trop massif, trop chargé, il peine à séduire même les amateurs de SUV. Malgré sa technologie plug-in hybride et sa puissance impressionnante, il souffre d’un rejet esthétique, voire philosophique. Là où la M5 Touring respire l’équilibre et la justesse, le XM semble caricatural, surdessiné, dissonant. À cela s’ajoute une image confuse : est-il un SUV de luxe ? Une GT haute sur pattes ? Un prototype de salon vendu au public ? Résultat : les chiffres de vente sont décevants, les commandes stagnent, et certains marchés refusent même de le référencer. C’est un camouflet discret pour BMW, qui comprend que le prestige ne se décrète pas à coup de fiches techniques.
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La disparition de l’Audi RS6 : une autoroute dégagée
La décision d’Audi d’arrêter la RS6 Avant ouvre un boulevard à la M5 Touring. La RS6, avec son V8 suralimenté et sa ligne bestiale, était la référence du segment depuis une décennie. En mettant fin à cette icône, Audi a laissé un vide, que BMW a su exploiter sans délai. L’annonce de l’arrêt de production de la RS6 a coïncidé avec la montée en puissance de la communication autour de la M5 Touring, comme si le terrain avait été préparé. La M5 Touring devient, par la force des choses, le dernier vrai break ultra sportif disponible sur le marché, un privilège qui booste encore son aura. Elle incarne une fin de règne, un chant du cygne pour une catégorie autrefois prolifique, aujourd’hui menacée par l’uniformité des SUV. Et les clients qui veulent une dernière folie thermique… se ruent vers elle.
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Un break qui parle aux puristes
Dans un marché saturé de SUV et de modèles électrifiés parfois tièdes, la M5 Touring fait figure d’acte de résistance mécanique. Certes, elle est électrifiée (hybride), mais sans renier son ADN. Son design, son châssis, sa sonorité, sa posture… tout respire la passion automobile. Le break sportif reste un objet rare, et les amateurs de pilotage comme les collectionneurs se l’arrachent. De plus, la M5 Touring a de quoi séduire ceux qui veulent tout en une seule voiture : la performance d’une supercar, la capacité de chargement d’un SUV, et l’élégance discrète d’une grande routière. Elle touche un public averti, lassé des compromis. Ce n’est pas une voiture raisonnable. C’est une voiture rare, que l’on désire avant de la comprendre. Et cette alchimie fonctionne, preuve en est l’attente déjà visible sur les listes de réservation.
Conclusion
La BMW M5 Touring est la preuve vivante qu’un produit d’exception, bien pensé, bien positionné, peut séduire même dans un contexte hostile. Malgré son prix, malgré les normes, malgré le malus, elle s’impose. En face, le BMW XM incarne les errements d’une industrie en quête de sens. Et avec l’arrêt de la RS6, le break M bavarois devient bien plus qu’un modèle : une déclaration d’amour à l’automobile d’avant. Celle qui faisait battre le cœur, pas que les batteries. Pour BMW, c’est aussi un rappel stratégique : quand on parle à l’âme des passionnés, le marché répond présent.
Nota Bene
Quand un break à plus de 230 000 € malus inclus fait un carton, c’est qu’il touche une corde sensible. La M5 Touring n’est pas qu’un monstre fiscal, c’est un fantasme sur quatre roues — et BMW le sait parfaitement.
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