Voitures électriques : 42 % du marché et un Tesla Model Y n°1 en France
Les voitures électriques ont représenté 42 % des immatriculations françaises en septembre 2026. Sur 156 629 voitures neuves mises à la route, 65 243 étaient 100 % électriques, soit une progression de 108 % en un an. Et pour couronner ce mois exceptionnel, le Tesla Model Y est devenu la voiture la plus immatriculée de France, toutes motorisations confondues.
Spectaculaire, mais septembre cumule aussi des circonstances très particulières : leasing social, aides renforcées, pression réglementaire sur les constructeurs et carburants à des niveaux rarement observés. Pour savoir si la France vient réellement de basculer vers l’électrique, il faut donc regarder derrière ce record.
Crédit photo: CultureAuto
Voitures électriques : 42 % du marché français en septembre
Les voitures électriques atteignent 42 % du marché français en septembre 2026, contre 22 % un an plus tôt. Mais plusieurs facteurs gonflent ce record.
Avec 65 243 immatriculations, l’électrique progresse de 108 % par rapport à septembre 2025. Sa part de marché a pratiquement doublé en douze mois, alors même que l’ensemble du marché automobile français ne progresse que de 12 %.
Le phénomène est particulièrement visible chez les particuliers. Ils ont immatriculé 41 503 voitures électriques, qui représentent désormais 47 % de leurs achats de voitures neuves. Les flottes participent également au mouvement, avec 16 940 électriques et une part atteignant 43 %.
Mais l’autre information se trouve peut-être du côté des motorisations traditionnelles. En septembre, l’essence pure ne représente plus qu’environ 10 % du marché et le diesel 2 %. L’électrique ne gagne donc plus seulement quelques points : la structure même du marché français est en train de se transformer.
Crédit photo: Illustration Tesla Model Y en cours de recharge
Le Tesla Model Y devient même la voiture n°1 en France
Avec 8 183 immatriculations, le Tesla Model Y est n°1 du marché français en septembre. Et son résultat ne peut pas être attribué au leasing social.
Le SUV électrique devance tous les modèles thermiques, hybrides et électriques. Tesla totalise 9 038 immatriculations sur le mois, soit une progression de 61,9 % sur un an.
Depuis janvier, le Model Y atteint déjà 37 840 exemplaires, contre 31 998 pour la Renault 5 électrique. Son résultat de septembre ne peut surtout pas être expliqué par le leasing social français, auquel il n’est pas éligible.
Il faut néanmoins conserver une précaution importante. Tesla organise traditionnellement ses livraisons par vagues et les fins de trimestre produisent souvent des immatriculations beaucoup plus élevées. Septembre constitue précisément la fin du troisième trimestre.
Les 8 183 Model Y ne signifient donc pas nécessairement que Tesla conservera la première place en octobre. Mais l’effet trimestriel peut amplifier un succès, pas créer à lui seul plusieurs dizaines de milliers d’immatriculations depuis janvier.
Crédit photo: Illustration prix carburants septembre 2026
Aides, leasing social et carburants chers : pourquoi septembre explose
Rarement autant de facteurs favorables à l’électrique se sont retrouvés simultanément. Plusieurs éléments ont contribué au résultat de septembre :
- retour du leasing social et différentes aides à l’achat ;
- bonus désormais notamment financé par les certificats d’économies d’énergie
- dispositifs supplémentaires concernant certains gros rouleurs et professionnels
- contraintes européennes CAFE pesant sur les constructeurs
- offre électrique beaucoup plus large qu’il y a quelques années.
- prix exceptionnellement élevés de l’essence et surtout du gazole
Ce dernier élément mérite une attention particulière. En septembre, l’essence a fréquemment dépassé les 2 €/l, avec des tarifs sensiblement supérieurs dans certaines stations. Le gazole a connu une situation encore plus spectaculaire, dépassant 2,40 €/l dans certains relevés et pouvant approcher ponctuellement 3 €/l dans de petites stations, avec par exemple 2,99 €/l observé localement dans l’Ain.
À 2,40 €/l, un plein de 50 litres représente déjà 120 euros. Pour un automobiliste envisageant de remplacer sa voiture, une telle dépense rend nécessairement le coût d’utilisation d’une électrique plus visible.
Mais attention à la chronologie : une voiture immatriculée en septembre a généralement été commandée auparavant. Le pic actuel des carburants peut donc peser sur les prochaines décisions d’achat sans expliquer directement toutes les livraisons du mois.
Crédit photo: CultureAuto
Le record de 42 % est-il artificiel ?
Oui, 42 % constitue probablement un chiffre amplifié par les circonstances. Le leasing social concentre des immatriculations, les aides orientent la demande, les constructeurs doivent respecter leurs objectifs européens et Tesla bénéficie de son traditionnel effet de fin de trimestre.
Mais réduire le résultat à ces mécanismes serait tout aussi trompeur.
Les flottes progressent elles aussi fortement. Le Model Y réalise son résultat sans leasing social. Surtout, septembre n’arrive pas après huit mois pendant lesquels l’électrique serait resté marginal : sa progression est déjà installée.
C’est ici que la différence entre un record mensuel et une tendance devient essentielle. Les aides peuvent contribuer à expliquer pourquoi septembre atteint 42 %. Elles expliquent beaucoup moins pourquoi près d’une voiture neuve sur trois est électrique depuis le début de l’année.
Le niveau de septembre pourra donc retomber sans remettre en cause la transformation observée sur une période beaucoup plus longue.
Crédit photo: Illustration Renault 5 électrique
31 % depuis janvier : la vraie information est peut-être ailleurs
Depuis janvier, 387 338 voitures électriques ont été immatriculées en France. Elles représentent 31 % du marché sur les neuf premiers mois de 2026, avec une progression de 79 % par rapport à la même période de 2025.
Ce chiffre est moins spectaculaire que les 42 % de septembre, mais probablement beaucoup plus révélateur.
À 31 %, l’électrique n’est plus une motorisation marginale dont les statistiques dépendraient entièrement d’une opération commerciale ponctuelle. Son poids devient suffisamment important pour modifier les stratégies des constructeurs, la composition des ventes et progressivement le parc automobile.
Cela ne signifie pas davantage que 42 % constitue désormais le niveau normal du marché français. Il faudra observer les prochains mois, notamment après les effets du leasing social et des livraisons trimestrielles de Tesla.
Septembre 2026 est probablement trop exceptionnel pour représenter à lui seul le marché français. Mais neuf mois à 31 % rendent désormais tout aussi difficile de présenter la progression de l’électrique comme une simple anomalie.
Conclusion
Le record de septembre doit donc être lu dans les deux sens. Les aides, les contraintes réglementaires, les livraisons Tesla et un contexte de carburants extrêmement chers ont créé des conditions particulièrement favorables aux voitures électriques. Rien ne garantit que leur part restera immédiatement à 42 %.
Mais le cumul annuel raconte une histoire plus profonde. Avec 31 % du marché depuis janvier, un thermique pur devenu très minoritaire et un Tesla Model Y capable de prendre ponctuellement la première place toutes motorisations confondues, la transition ne repose plus sur un seul mois exceptionnel.
Nota Bene :
Une immatriculation mesure une livraison, pas nécessairement une décision d’achat prise le même mois. Les prix records des carburants observés en septembre peuvent donc accélérer les commandes actuelles, mais leurs éventuels effets apparaîtront aussi dans les immatriculations des prochains mois.
À lire aussi : Voitures chinoises en Europe : elles dépassent déjà 10 % du marché
Dans la même sous catégorie : Voitures chinoises en France : pourquoi leur progression est spectaculaire malgré seulement 5 % du marché