Opel 1900 GT orange vue trois-quarts avant coupé sportif des années 1970
|

Opel 1900 GT : pourquoi ce coupé oublié redevient-il collector ?

À partir du 8 septembre 2026, l’Opel GT retrouve les projecteurs à l’Automechanika de Francfort, où Opel Classic l’expose aux côtés de la Calibra V6 4×4 et de l’Astra Kit Car. Un retour en lumière symbolique pour un coupé qui fut pourtant loin d’être confidentiel : plus de 100 000 exemplaires furent produits entre 1968 et 1973, avant que l’Opel GT ne disparaisse progressivement derrière des sportives devenues plus prestigieuses.

Avec sa silhouette évoquant une petite Corvette, ses étonnants phares escamotables et son moteur 1,9 litre dans sa version la plus recherchée, l’Opel 1900 GT possède pourtant une personnalité immédiatement reconnaissable. Longtemps relativement accessible, elle intéresse désormais davantage les amateurs de voitures de collection. Comment un véritable succès des années 1970 a-t-il pu devenir une sportive oubliée avant de revenir aujourd’hui sur le devant de la scène ?

Crédit photo: classic-cruising-automobile

Opel 1900 GT verte coupé allemand avec phares escamotables

L’Opel 1900 GT, un projet entre Europe et États-Unis

L’histoire de l’Opel 1900 GT commence au milieu des années 1960 avec une ambition inhabituelle pour la marque allemande : proposer une véritable voiture de sport, capable de séduire aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Présenté sous forme de concept au Salon de Francfort en 1965, le projet débouche trois ans plus tard sur l’Opel GT de série.

Mais cette sportive allemande possède une particularité souvent oubliée : une partie importante de sa fabrication est française. Les carrosseries sont réalisées chez Chausson, puis peintes et aménagées par Brissonneau & Lotz, avant de rejoindre l’Allemagne pour recevoir leurs éléments mécaniques et leur assemblage final. Une organisation industrielle particulièrement originale pour une Opel de cette époque.

Les États-Unis jouent également un rôle essentiel dans sa carrière. Son dessin spectaculaire correspond parfaitement aux goûts du marché américain, qui absorbera une grande partie de la production. Cette double influence explique déjà une partie de la personnalité de l’Opel GT : une mécanique et une conception européennes habillées d’une carrosserie pensée pour faire rêver des deux côtés de l’Atlantique.

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Opel 1900 GT.

Crédit bilweb-auctions

Pourquoi l’Opel GT ressemble-t-elle à une petite Corvette ?

L’Opel GT doit une grande partie de sa célébrité à une silhouette très inhabituelle pour une Opel de la fin des années 1960. Capot interminable, habitacle rejeté vers l’arrière, ailes galbées et poupe tronquée lui donnent des proportions évoquant immédiatement une sportive américaine. La comparaison avec la Chevrolet Corvette s’impose d’autant plus que les deux marques appartiennent alors à General Motors.
Pour autant, l’Opel GT n’est pas une Corvette simplement réduite à l’échelle européenne. Son dessin est développé sous la direction d’Erhard Schnell et possède sa propre personnalité. Ses fameux phares escamotables, qui pivotent grâce à une commande mécanique, deviennent notamment l’une de ses signatures les plus reconnaissables.
Avec seulement deux places et une carrosserie particulièrement basse, l’Opel 1900 GT privilégie clairement le style à la praticité. Elle ne possède même pas de véritable hayon permettant d’accéder au coffre depuis l’extérieur. C’est précisément ce contraste entre une base mécanique relativement conventionnelle et une carrosserie digne d’une sportive beaucoup plus exotique qui explique une grande partie de son charme aujourd’hui.

Crédit photo:gallery-aaldering

moteur Opel GT 1900 1.9 CIH quatre cylindres

Opel 1900 GT : un moteur modeste mais des performances convaincantes

Sous son allure de petite sportive américaine, l’Opel 1900 GT reste mécaniquement beaucoup plus raisonnable. Elle reprend le quatre cylindres 1,9 litre de l’Opel Rekord, installé en position longitudinale à l’avant. Alimenté par un carburateur Solex, il développe 90 ch, transmis aux roues arrière par une boîte manuelle à quatre rapports.
Ces chiffres paraissent modestes aujourd’hui, mais l’Opel GT ne pèse qu’environ une tonne. Elle peut ainsi atteindre 185 km/h, une vitesse tout à fait respectable à la fin des années 1960. Une version plus accessible équipée du 1,1 litre de 60 ch est également proposée, mais elle restera très minoritaire face au succès du 1900.
L’intérêt de la voiture ne réside donc pas dans une puissance spectaculaire. Direction non assistée, propulsion et position de conduite très basse offrent des sensations simples et directes. L’Opel 1900 GT illustre ainsi une conception de la sportive aujourd’hui presque disparue : des performances raisonnables obtenues davantage par la légèreté et les sensations que par une débauche de chevaux.

Crédit photo: carandclassic

Du succès commercial à l’oubli

Qualifier l’Opel GT d’échec commercial serait une erreur. Entre 1968 et 1973, plus de 100 000 exemplaires sont produits, dont une grande partie trouve preneur aux États-Unis. Pour un petit coupé deux places vendu par un constructeur généraliste européen, le résultat est loin d’être anecdotique. La version 1900 représente d’ailleurs l’immense majorité des ventes.
Sa disparition en 1973 ne s’explique donc pas simplement par un manque d’intérêt du public. L’évolution des normes américaines, la hausse des coûts de production et les transformations du marché rendent progressivement sa formule moins facile à maintenir. Opel ne lui donnera surtout pas de descendante directe capable d’entretenir son image pendant les décennies suivantes.
C’est probablement là que se trouve le paradoxe de l’Opel 1900 GT. Elle a davantage souffert d’un manque de continuité que d’un manque de succès. Alors que la Porsche 911 ou la Chevrolet Corvette ont construit leur légende génération après génération, l’Opel GT est longtemps restée un épisode isolé dans l’histoire de sa marque. Une situation qui explique en partie pourquoi une voiture autrefois largement diffusée a pu devenir presque oubliée du grand public.

Crédit photo: opel gmbh

Pourquoi l’Opel 1900 GT revient-elle aujourd’hui chez les collectionneurs ?

Après avoir longtemps vécu dans l’ombre de sportives plus prestigieuses, l’Opel 1900 GT bénéficie aujourd’hui d’un regard différent. Son dessin spectaculaire, ses phares escamotables et sa relative simplicité mécanique correspondent parfaitement à ce que recherchent de nombreux amateurs d’anciennes. Surtout, elle conserve un avantage devenu rare : elle permet encore d’acheter une sportive emblématique des années 1960-1970 sans atteindre systématiquement les prix d’une Porsche ou d’une sportive italienne comparable.
Les écarts de valeur restent toutefois importants. État de la carrosserie, qualité d’une éventuelle restauration, conformité à l’origine et historique peuvent faire varier fortement le prix d’un exemplaire. Les plus belles Opel GT 1900 ne sont donc plus les petites sportives bon marché qu’elles furent longtemps, tandis que les voitures nécessitant des travaux restent plus accessibles.

Son retour à l’Automechanika de Francfort 2026 est révélateur de cette évolution. Du 8 au 12 septembre, Opel Classic expose l’Opel GT aux côtés de la Calibra V6 4×4 et de l’Astra Kit Car. La marque elle-même choisit ainsi de remettre son ancien coupé en avant parmi les modèles représentatifs de son patrimoine.
L’Opel 1900 GT change finalement de statut : autrefois simple sportive populaire, elle devient peu à peu un véritable morceau de l’histoire d’Opel. Et cette reconnaissance pourrait bien renforcer encore son intérêt auprès des collectionneurs.

intérieur Opel 1900 GT tableau de bord et volant sport

Conclusion : une star oubliée qui retrouve enfin sa place

L’Opel 1900 GT n’a jamais eu besoin de rivaliser avec les Porsche ou les grandes sportives italiennes pour laisser son empreinte. Son histoire est même plus singulière : elle fut un véritable succès commercial avant de disparaître sans descendance directe, au point d’être progressivement oubliée par une partie du public. Son style spectaculaire, sa mécanique simple et son étonnante fabrication franco-allemande lui donnent pourtant une personnalité unique. Son retour chez les collectionneurs, comme sa présence à Automechanika 2026, montre qu’elle retrouve aujourd’hui la place qu’elle mérite dans l’histoire automobile.

Nota Bene :

Avec ses faux airs de Corvette, ses phares pivotants et son quatre cylindres 1,9 litre, l’Opel GT rappelle qu’une voiture de collection n’a pas besoin d’une puissance démesurée ni d’un blason prestigieux pour devenir désirable.

À lire aussi : Chevrolet Corvette : 70 ans de performance et de pur mythe US

Dans la même sous catégorie : Porsche 968 : pourquoi cette Porsche encore accessible pourrait devenir collector ?

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *