Enfant immobile dont l’ombre projette un personnage imaginaire
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Et si l’ennui avait disparu de nos vies ?

Il fut un temps où l’ennui faisait partie de la vie. On s’ennuyait dans un train, dans une salle d’attente, parfois même un dimanche après-midi un peu trop long. Ce n’était pas agréable, mais c’était normal.

Aujourd’hui, l’ennui semble avoir presque disparu.

À la moindre minute libre, la main se dirige vers le smartphone. Quelques messages, une vidéo courte, une actualité, un fil de photos. L’attente n’existe plus vraiment. Chaque instant peut être rempli immédiatement par un écran.

Dans les transports, autrefois, certains regardaient par la fenêtre. D’autres lisaient, d’autres encore discutaient avec leur voisin. Aujourd’hui, les regards sont souvent tournés vers les téléphones. Le silence est rempli par des écouteurs et des notifications.

Nous avons appris à combler chaque vide.

Sur le moment, cela paraît pratique. Pourquoi s’ennuyer quand il suffit d’ouvrir une application pour se divertir ? Les plateformes sont d’ailleurs conçues pour cela. Elles proposent un flux continu d’images, d’histoires et de vidéos. Le contenu ne s’arrête jamais.

Pourtant, quelque chose a peut-être changé dans notre rapport au temps.

L’ennui avait une fonction discrète. Il laissait de la place à la pensée. Quand rien ne se passait, l’esprit se mettait à vagabonder. On réfléchissait, on imaginait, on observait ce qui nous entourait. Les idées apparaissaient souvent dans ces moments où l’on ne faisait rien de particulier.

Aujourd’hui, ces moments deviennent rares.

Dès que l’attention commence à flotter, un écran la récupère. Le cerveau n’a presque plus l’occasion de s’égarer. Or ce sont parfois ces dérives de la pensée qui produisent les réflexions les plus intéressantes. Beaucoup d’écrivains, d’inventeurs ou d’artistes ont souvent raconté que leurs idées naissaient dans des moments d’oisiveté.

L’ennui n’était pas seulement une perte de temps. C’était aussi un espace mental.

Bien sûr, personne ne regrette les longues heures d’attente inutiles. Mais on peut se demander si la disparition presque totale de ces instants vides ne nous prive pas d’une forme de respiration intellectuelle.

Car à force de remplir chaque minute, nous avons peut-être oublié quelque chose de simple. L’esprit a parfois besoin de ne rien faire pour fonctionner correctement.

La prochaine fois qu’une attente se présente, il sera peut-être tentant de résister quelques minutes avant de sortir le téléphone.

Après tout, l’ennui n’était peut-être pas l’ennemi que l’on croyait.

Nota Bene :

Les meilleures idées apparaissent souvent quand l’esprit vagabonde. À force de remplir chaque instant, nous laissons peut-être moins de place à ces moments.

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