Schéma explicatif d'une voiture-radar privée

Voitures-radars privées : sécurité routière ou jackpot pour l’État ?

Depuis le 15 septembre, dans le Rhône comme ailleurs, les voitures-radars conduites par des opérateurs privés patrouillent sur les routes, traquant les excès de vitesse avec une efficacité toute industrielle. On nous promet, bien sûr, une “révolution de la sécurité routière”, des routes plus sûres, des vies épargnées… mais qui peut encore croire à cette fable ? On le sait : derrière chaque radar privatisé, il y a un jackpot financier que l’État et ses prestataires se partagent avec une discrétion toute républicaine.

La réalité, c’est que le contrôle automatisé de la vitesse, sous couvert de modernité, est devenu une pompe à fric institutionnalisée. Les chauffeurs, désormais salariés du privé, enchaînent les kilomètres et les heures sup pour maximiser la rentabilité. L’objectif ? “Sécuriser” les caisses, plus que les routes. Car soyons honnêtes : si la lutte contre la vitesse était vraiment une priorité humaine, on investirait dans la prévention, l’entretien des infrastructures, l’éducation routière, pas seulement dans la multiplication des PV.

Ironie du sort, la mise en service de ces voitures-radars coïncide avec une hausse dramatique du nombre de morts sur les routes cet été. Le gouvernement, fidèle à ses vieilles habitudes, réagit après la catastrophe et promet “plus de fermeté”, “plus de contrôles”. Il n’anticipe jamais : il sanctionne, facture, encaisse.
Les opérateurs privés, eux, roulent sous contrat : leur efficacité se mesure en nombre de flashs, pas en vies réellement sauvées. La répression devient un objectif en soi, pas un outil au service de la sécurité collective.

Cette privatisation n’a rien d’anecdotique. C’est un choix de société : confier à des entreprises le soin de verbaliser à la chaîne, sans discernement, sans dialogue, sans même parfois une présence policière visible. On externalise la sanction comme on externalise le nettoyage des bureaux. Demain, pourquoi pas les amendes pour mauvais stationnement, les contrôles de vignette Crit’Air, la chasse aux cyclistes qui dévient de leur piste ?

Personne ne remet en cause l’utilité de lutter contre les vrais dangers : alcool, téléphone au volant, vitesse excessive en agglomération. Mais l’automobiliste moyen a vite compris que, pour l’État, la “sécurité” est avant tout un business rentable. Les vrais progrès — routes bien entretenues, visibilité accrue, ronds-points intelligents, signalisation claire — coûtent cher et rapportent peu.
Le radar, lui, rapporte. Et tant pis si la confiance s’effrite, si le sentiment d’injustice enfle, si la répression devient le seul langage du pouvoir.

Question : combien de PV faudra-t-il encore pour que nos dirigeants comprennent que la sécurité routière, la vraie, ne se privatise pas ? Peut-être le jour où les radars, eux aussi, seront mis en concurrence…

Nota Bene :

Les voitures-radars privées sont là : sanctionner plus, prévenir moins. La sécurité routière se transforme, mais pas toujours dans le bon sens. Reste à savoir qui, au final, tirera vraiment le jackpot…

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