Assemblée nationale session oerinaire.

Un nouveau Premier ministre… pour quoi faire ?

Encore un ! La France s’apprête à voir débarquer, une fois de plus, un nouveau Premier ministre. Après la chute express du gouvernement Bayrou, deuxième chef du gouvernement depuis la dissolution de l’Assemblée, la question brûle les lèvres : mais à quoi bon ? On annonce des tractations, des rencontres, des heures passées à chercher l’oiseau rare, celui ou celle qui saura faire tenir debout une maison sans fondations. Bonne chance !

On pourrait en rire, si la situation n’était pas aussi absurde. Nommer un nouveau Premier ministre, c’est comme repeindre la façade d’une maison en ruine : ça fait joli cinq minutes, mais le problème reste le même. Aucun parti n’a la majorité à l’Assemblée, tout le monde se tire dans les pattes, et les deux derniers gouvernements n’ont tenu que quelques mois – tout ça pour faire du surplace. La valse des Premiers ministres, on la connaît : on en nomme un, il tient tant bien que mal, il “tente de rassembler” sans rien rassembler du tout, puis il saute dès qu’il faut prendre une décision.

Alors que le budget doit être voté en octobre, le pays avance en funambule au-dessus du vide. Si le texte ne passe pas, blocage ; si un compromis bancal est trouvé, rebelote dans six mois… ou plus tôt. On sent déjà la tempête pointer à l’horizon, mais la troupe continue de jouer sa partition comme si tout allait bien. Qui va accepter de se griller en quelques semaines, pour porter un programme qui n’a aucune chance de passer ? Soit Macron prend le temps de nommer quelqu’un qui aurait, sur le papier, une vraie vision ,sans l’assurance d’être soutenu ; soit il poursuit le casting de ses amis, qui représentent à peine 20 % de l’Assemblée, pour continuer une politique qui a déjà mené la France dans un état qu’elle n’a jamais connu.

La réalité, c’est qu’en France, on ne gouverne pas sans majorité. On peut toujours tenter la méthode Coué, promettre le dialogue, les compromis, “le dépassement des clivages” : au bout du compte, sans confiance ni cap, ça finit toujours pareil. On change le chef d’orchestre, mais l’orchestre ne sait plus lire la partition. À ce rythme, le prochain Premier ministre a une espérance de vie plus courte qu’un papillon : et après ? Nouvelle dissolution, nouveau tour de manège, ou tout simplement… la paralysie totale.

Et si le vrai courage, pour une fois, c’était d’admettre que le système ne marche plus ? Que le problème n’est pas le casting, mais le scénario ? Mais non, on préfère continuer la pièce, même quand la salle se vide. Macron démissionner ? Il faudrait une étincelle de lucidité, mais ce n’est clairement pas au programme. On nommera donc un nouveau Premier ministre, sans espoir ni illusion. La France mérite mieux, mais il faudra attendre encore. Encore combien de temps ?

Nota Bene Discover

Changer de Premier ministre sans majorité, c’est soigner la fièvre sans traiter la maladie. Tant que l’Assemblée restera bloquée, la France avancera à reculons. Qui aura le courage de dire stop ?

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