SUV BMW X5
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SUV : tout le monde les critique, tout le monde en achète

On ne compte plus les tribunes, les posts Facebook ou les débats de comptoir expliquant que les SUV sont trop gros, trop lourds, trop polluants, trop chers, trop inutiles. Le SUV est devenu l’ennemi public numéro un de l’automobile moderne. Celui qu’on pointe du doigt avec gravité, comme un symbole de tout ce qui ne va plus. Et pourtant… il suffit de regarder autour de soi pour constater une évidence gênante : tout le monde en achète.

Le SUV est partout. Dans les parkings d’entreprise, devant les écoles, sur les aires d’autoroute, chez les voisins, parfois même chez ceux qui jurent qu’ils “n’en voudraient jamais”. Il est là, discret ou massif, hybride ou diesel, premium ou généraliste. On le critique le matin, on le conduit l’après-midi. La contradiction est devenue la norme, au point de ne plus choquer personne.

Pourquoi ce décalage permanent entre le discours et la réalité ? Parce que le SUV coche des cases que beaucoup refusent d’assumer. Position de conduite haute, accès facile, coffre pratique, polyvalence familiale, sentiment de sécurité… Rien de très glamour, mais diablement efficace au quotidien. Et dans une société pressée, anxieuse, surchargée, l’argument rationnel finit presque toujours par gagner.

Le plus savoureux dans le bashing des SUV, c’est qu’il est souvent porté par des gens qui ont fait exactement le même choix. “Oui mais le mien, c’est différent.” Plus compact. Plus propre. Plus raisonnable. Une justification comme une autre, pour masquer une décision somme toute logique. Car au fond, qui a vraiment envie de se compliquer la vie pour rester cohérent avec un discours ?

Le SUV n’est ni un monstre ni un sauveur. Il est simplement le produit de son époque. Une époque faite de compromis, d’injonctions contradictoires et de culpabilité automobile permanente. On demande aux conducteurs d’être vertueux, responsables, sobres… tout en exigeant confort, sécurité et praticité. Le SUV est la réponse imparfaite à une question mal posée.

Alors oui, on peut continuer à critiquer les SUV. C’est facile, presque rassurant. Mais tant que les concessions continueront à en vendre par palettes entières, le discours restera ce qu’il est déjà : une posture. Et l’automobile, elle, continuera d’avancer, parfois en hauteur, parfois en contradiction.

Nota Bene :

Le SUV est peut-être moins un problème automobile qu’un miroir social. On n’y voit pas seulement une voiture, mais nos propres contradictions. Et ce reflet-là, forcément, dérange un peu.

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