Sébastien Ogier champion du monde : un neuvième titre qui force le respect
Il y a des titres qui ressemblent à des exploits et d’autres qui ressemblent à des claques pour tout le monde. Celui-ci fait un peu les deux. Sébastien Ogier champion du monde pour la neuvième fois, alors qu’il n’a même pas disputé toute la saison, c’est l’un de ces moments où l’on se dit que certains vivent sur une autre planète. Onze rallyes seulement, trois absences, un programme allégé par choix de vie. Et malgré ça, le pilote français va chercher une nouvelle couronne comme s’il revenait d’une simple balade du dimanche. La régularité paye, mais là on parle d’un niveau au-dessus du raisonnable.
Ce neuvième titre a un petit goût particulier. Pas seulement parce qu’il égalise le record mythique de Sébastien Loeb, mais parce qu’il le fait en mode pilote à temps partiel, avec une décontraction qui ferait presque croire que tout cela est facile. On sait que ça ne devrait pas marcher, mais ça marche quand même. Et tout le monde reste bouche bée.
Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la manière. Une saison courte, millimétrée, pensée pour concilier le WRC et une vie de famille. On a longtemps présenté le sport automobile comme un monde où il fallait tout sacrifier, tout donner, tout laisser de côté. Ogier prouve qu’on peut gagner autrement, qu’on peut lever le pied sans perdre la couronne. C’est presque provocant. Il en fait moins, mais il le fait mieux. Faut-il rappeler qu’il finit troisième du rallye d’Arabie Saoudite ce week-end, pile le résultat qui lui manquait pour arracher le titre. Franchement, qui peut faire ça ?
Et justement, cette question devient inévitable. Qui peut encore rivaliser avec deux Français qui détiennent chacun neuf titres de champion du monde. Le WRC ressemble parfois à une conversation privée entre Loeb et Ogier. La différence, c’est que Loeb a décroché ses neuf titres d’affilée, période dominatrice absolue, tandis qu’Ogier, lui, construit son palmarès par paliers, par retours éclairs, par saisons choisies. Deux styles, deux époques, deux manières de redessiner les limites du possible.
On pourrait se demander si ce neuvième sacre marque la fin d’une ère ou le début d’une nouvelle. Ogier le dit souvent, il choisit désormais ses rallyes, il roule pour le plaisir, pour l’envie. Mais quand on termine champion du monde en mode semi-retraite, on commence à se demander si ce sport ne tourne pas un peu à son avantage.
Sébastien Ogier champion du monde une fois de plus, c’est la preuve que le talent pur finit toujours par s’imposer. Même quand il ne court pas tout le temps. Même quand on pense qu’il lève le pied. Même quand on se demande s’il reviendra l’an prochain pour aller chercher la dixième.
Parce que oui, qui pourrait parier contre lui maintenant ?
Nota Bene:
Certains titres semblent écrits d’avance, d’autres prennent tout le monde de court. Celui-ci appartient à la seconde catégorie et confirme que même dans un sport imprévisible, il existe encore des trajectoires qui dépassent l’entendement. Une pensée qui en dit long sur la magie du rallye.
À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier