R5 Turbo groupe 4, voiture de légende française à moteur central et turbo

R5 Turbo : la citadine devenue bête de rallye

Dans le monde feutré des citadines sages et dociles, une voiture a un jour fait exploser les codes. Elle s’appelait R5 Turbo, et derrière ce nom anodin se cachait une véritable furie. Moteur central arrière, turbo qui souffle comme un fauve, design de brute épaisse : rien ne la prédestinait à naître dans la gamme Renault. Et pourtant, en 1980, elle débarque. Insolente, provocante, brutale. Un ovni mécanique, devenu aujourd’hui une icône absolue.

Crédit photo: lautomobileancienne Projet 822 1976

R5 Turbo projet 822 1976

Une R5… mais pas vraiment

À la fin des années 70, Renault cherche à s’imposer dans le championnat du monde des rallyes. La R12 Gordini est dépassée, et la R5 Alpine, pourtant vive, manque cruellement de souffle face à la concurrence. L’idée germe alors : transformer une voiture populaire en machine de course. Sur le papier, cela paraît absurde. Transformer une citadine traction avant en propulsion survitaminée ? C’est comme vouloir faire du drift avec une voiture de facteur. Et pourtant, les ingénieurs Renault Sport ne reculent devant rien. Ils imaginent un châssis spécifique, découpent la caisse, déplacent le moteur à l’arrière, installent un turbo… et redonnent à la marque un projet aussi fou que français, faire de la R5 une bombe.

Résultat : la R5 Turbo n’a plus grand-chose à voir avec sa grande sœur. Elle en reprend le style général, certes, mais tout est exagéré. Plus large, plus basse, plus trapue, elle impressionne au premier coup d’œil. Elle ne demande qu’à mordre l’asphalte. Et parfois le mord un peu trop fort.

Crédit photo: automobile-magazine

R5 Turbo : quand Renault ose le moteur central

Dès sa sortie en 1980, la R5 Turbo fascine autant qu’elle inquiète. Son moteur 1.4 turbo est placé en position centrale arrière, une architecture réservée habituellement aux sportives exotiques. Avec 160 chevaux pour seulement 970 kilos, elle offre un rapport poids/puissance hallucinant pour l’époque.

Ce n’est pas une voiture, c’est une catapulte. Le turbo souffle violemment à partir de 3500 tr/min, donnant une poussée soudaine et parfois traîtresse. En conduite sportive, l’arrière peut décrocher sans prévenir. Autrement dit, c’est un jouet réservé aux mains expertes, ou aux amateurs de sensations fortes et d’adrénaline pure.

L’expérience de conduite est brutale, bruyante, mais grisante. On ne conduit pas une R5 Turbo, on l’apprivoise. Chaque virage devient un duel. Chaque accélération, un mini tremblement de terre.

R5 Turbo éclaté

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Renault 5 Turbo 2

Crédit photo:suchen.mobile

R5 Turbo rouge

Un look aussi sauvage que son tempérament

La première fois qu’on voit une R5 Turbo, on comprend vite qu’on n’a pas affaire à une voiture ordinaire. Ses ailes sont gonflées comme si elles allaient exploser. Les prises d’air latérales, béantes, rappellent celles des voitures de rallye pur jus. L’arrière est ramassé, massif, presque disproportionné.

À l’intérieur, c’est une plongée dans les années 80 : volant trois branches, instrumentation Jaeger, inserts colorés (bleu ou rouge selon la version), sièges baquets à l’ancienne… Le tout est brut, fonctionnel, mais follement charmant. On est dans une voiture de légende, pas dans un salon cosy.

Ce style agressif lui vaut d’être immédiatement repérée sur la route, même aujourd’hui. Elle a ce charisme mécanique rare, celui des autos qu’on ne confond avec rien d’autre. Elle ne cherche pas à plaire à tout le monde, elle plaît à ceux qui aiment les machines vivantes.

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Crédit photo: caradisiac R5 Turbo Groupe 4

R5 Turbo groupe 4

Pourquoi la R5 Turbo est devenue une voiture de légende française

L’objectif initial de la R5 Turbo, c’était le rallye. Et sur ce terrain, elle va briller… brièvement, mais intensément. En 1981, Jean Ragnotti remporte le rallye de Monte-Carlo au volant d’une R5 Turbo, à la surprise générale. Le monde découvre alors cette petite française transformée en bête de course.

Mais très vite, la catégorie Groupe B évolue. Les concurrentes deviennent plus puissantes, plus sophistiquées. Audi arrive avec sa Quattro à transmission intégrale, puis Lancia enfonce le clou avec la 037, puis la Delta S4. La R5 Turbo, malgré ses qualités, ne peut rivaliser sur tous les terrains, surtout face aux 4 roues motrices.

Pourtant, son passage est resté légendaire. Elle a montré qu’un constructeur généraliste pouvait sortir une voiture délirante, compétitive, et profondément marquante. En rallye, on l’aimait pour sa nervosité. Sur route, on la craignait autant qu’on l’admirait.

Crédit photo: fr.motor1 Renault R5 Turbo 2

Turbo 1, Turbo 2… et aujourd’hui ?

La production de la R5 Turbo commence en 1980 avec la version dite “Turbo 1”. Celle-ci est la plus radicale : coque en aluminium, intérieur spécifique, ambiance très course. En 1983 arrive la “Turbo 2”, un peu plus civilisée, avec des éléments de carrosserie en acier et une finition un peu plus soignée, mais toujours aussi brutale à conduire.
En tout, un peu plus de 5000 exemplaires seront produits, un chiffre faible qui renforce encore son aura. Aujourd’hui, les cotes explosent : une Turbo 1 bien conservée dépasse facilement les 100 000 €, voire plus pour les versions rares. La Turbo 2, longtemps sous-estimée, suit la même tendance.
On la retrouve aussi sur les circuits historiques, dans les rassemblements youngtimers, et dans les garages de collectionneurs passionnés. Parce qu’au fond, qui pourrait rester insensible à une telle audace mécanique ?
Aujourd’hui, la R5 Turbo n’a plus besoin de prouver quoi que ce soit. Elle incarne une époque où Renault osait l’excès, la compétition et la radicalité, sans se demander si cela plairait à tout le monde. Une voiture de collection qui continue de faire battre le cœur des passionnés, bien au-delà des chiffres et des performances.

R5 Turbo 2 noire

Conclusion

La R5 Turbo, c’est l’exemple parfait d’un coup de folie devenu coup de génie. À une époque où les marques jouaient encore à quitte ou double, Renault a osé sortir une voiture qui n’avait rien à faire dans un catalogue grand public. Et c’est précisément pour ça qu’elle a marqué l’histoire.
Entre sa gueule de brute, son moteur qui crache le feu et son palmarès éclair mais flamboyant, elle incarne une époque où l’audace passait encore avant les tableaux Excel. Une époque où l’on pouvait greffer un turbo à une citadine, mettre le moteur dans le coffre, et appeler ça… une Renault.

Nota Bene Discover

La R5 Turbo, c’est comme si une voiture de ville avait avalé un pot de nitroglycérine. Elle sentait la sueur, le sans-plomb et la compétition — et c’est pour ça qu’on l’aime.
Aujourd’hui, elle ne roule plus vite : elle roule dans les souvenirs.

À lire aussi : Peugeot 205 T16 : la bombe française qui a dompté le Groupe B

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2 commentaires

  1. Bonjour, à toutes &à tous les passionnés de voitures anciennes !
    Pour moi ,simplement des voitures d’exception de c’est belles années 60 ,70,80 période d’exception ,de créations de recherche en matière d’évolution des moteurs !exceptionnels ,fabuleux !

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